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Violentes émeutes suite à l’arrestation d’un rappeur — Espagne

20 Février 2021

Ces émeutes ont éclaté en réaction à l'arrestation mardi matin du rappeur Pablo Hasél, devenu pour certains un symbole de la liberté d'expression en Espagne et condamné à la prison pour des tweets attaquant la monarchie.Il s'était barricadé lundi dans l'université de Lérida en Catalogne pour tenter d'empêcher son arrestation pour l'emmener en prison.

Le rappeur de 32 ans avait jusqu'à vendredi soir pour se rendre volontairement à son lieu de détention pour y purger sa peine.

"Ils ne nous arrêteront pas, ils ne nous feront jamais plier, malgré toute la répression", avait crié, le poing levé, le rappeur, escorté par des policiers, selon des images de son arrestation diffusées par la télévision espagnole.

Le dernier délai pour son incarcération a expiré vendredi dernier. "Mort à l'Etat fasciste!", a-t-il encore clamé en regardant les caméras au moment d'entrer dans un véhicule des "Mossos d'Esquadra".

Dans la capitale espagnole, des centaines de personnes se sont rassemblées sur la Puerta del Sol, fortement gardée par les forces de sécurité, derrière des banderoles qui clamaient "Assez de censure" et réclamaient la "Liberté" pour Pablo Hasél.

Un manifestant jette des pierres sur la police à Barcelone.

À Barcelone et dans trois autres villes catalanes, les protestataires ont incendié des barricades érigées avec des poubelles et lancé des projectiles sur la police, qui a chargé et répliqué par des tirs de balles en caoutchouc.

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Des scènes qui se sont répétées à Lérida, ville natale du rappeur où il a été arrêté. Au total, 33 personnes ont reçu une assistance médicale pour des blessures légères, dont 19 policiers, a précisé le service d'urgence sanitaire de la région. Les signataires y affirmaient notamment que la condamnation de Pablo Hasél constituait une "épée de Damoclès" au-dessus de tous les artistes et accusaient l'Espagne d'agir comme "la Turquie ou le Maroc".

La porte-parole de l'exécutif María Jesús Montero avait ainsi reconnu la semaine dernière "un manque de proportionnalité" dans la peine infligée au rappeur.

Le cas du rappeur a provoqué une polémique qui a conduit le gouvernement du socialiste Pedro Sánchez à promettre une réforme afin que les " excès verbaux " ne relèvent plus du droit pénal et ne puissent plus donner lieu à des peines de prison.

Évitant de se prononcer sur la peine, la numéro deux du gouvernement Carmen Calvo a défendu la nécessaire "tolérance propre à une démocratie mature comme la nôtre" dans le domaine de la liberté d'expression.

Ces incidents ont aussi mis en évidence les tensions croissantes entre les deux partis de la coalition au pouvoir: les socialistes du premier ministre Pedro Sánchez et le parti de gauche radicale Podemos. Vont-ils fermer les yeux?

Il répondait ainsi au leader de Podemos, Pablo Iglesias, qui est aussi le deuxième vice-président de son gouvernement, qui avait affirmé la semaine dernière qu'il n'existait pas en Espagne "une situation de normalité politique et démocratique pleine".

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