Mercredi, 20 Octobre 2021
Dernières nouvelles
Principale » Des incidents violents après l'interpellation d'un rappeur — Espagne

Des incidents violents après l'interpellation d'un rappeur — Espagne

20 Février 2021

Devenu pour beaucoup un symbole de la liberté d'expression, ce rappeur avait été condamné à neuf mois de prison en 2018 pour des tweets dans lesquels il insultait les forces de l'ordre espagnoles et s'en prenait avec virulence à la monarchie. Elles ont été marquées par des affrontements entre policiers et manifestants. La justice reprochait au rappeur, de son vrai nom Pablo Rivadulla Duró, plusieurs tweets datant de plus de 5 ans dans lequel il accusait la police espagnole des tortures et des assassinats: "50 policiers blessés?" Il s'était barricadé dans l'université de Lérida en compagnie d'un groupe de sympathisants, mais la police catalane est intervenue mardi matin et l'a conduit directement en prison.

Le dernier délai pour son incarcération a expiré vendredi dernier. "C'est l'Etat fasciste qui m'arrête".

Selon un porte-parole de la police, le rappeur a été incarcéré à la prison de Lérida, tout de suite après son incarcération.

Des manifestants brandissent des pancartes contre la censure, sur la Puerta Del Sol à Madrid mercredi 17 février 2021, après l'arrestation du rappeur Pablo Hasèl. "A Barcelone, environ 1700 manifestants se sont rassemblés près de la place centrale de la ville, aux cris de "Libérez Pablo"!"

Russie : l'opposant Alexeï Navalny condamné à trois ans et demi de prison
La sentence infligée à l'opposant a été discutée par les représentants des Etats membres de l'UE à Bruxelles. L'opposant russe Alexeï Navalny comparaît devant un tribunal de Moscou, le 2 février 2021.

Des journalistes de l'AFP ont vu des jeunes en capuches enflammer des poubelles, jeter des projectiles contre les forces de l'ordre et attaquer notamment l'immeuble abritant le journal El Periódico de Cataluña.

À Barcelone, mercredi, les manifestants ont lancé des projectiles contre la police et incendié des barricades. "Plusieurs organisations ont tenu des sit-in et des manifestations en faveur du rappeur et plus de 200 personnalités du monde de la culture et de l'art ont signé une pétition de soutien en sa faveur, accusant l'Espagne de " répression " et de " violation de la liberté d'opinion et d'expression et de restrictions aux libertés ". La porte-parole de l'exécutif, María Jesús Montero, a reconnu la semaine dernière "un manque de proportionnalité" dans la peine infligée au rappeur. Évitant de se prononcer sur la peine, la numéro deux du gouvernement Carmen Calvo a défendu mardi la nécessaire "tolérance propre à une démocratie mature comme la nôtre" dans le domaine de la liberté d'expression.

L'affaire est d'autant plus délicate pour M. Sánchez que les manifestations ont reçu l'appui public de Podemos, un petit parti de gauche radicale qui est le partenaire des socialistes au sein de la coalition gouvernementale. "Il n'y a pas de progrès si nous ne voulons pas reconnaître les manques démocratiques actuels", a twitté Podemos.

Il s'agissait d'une allusion à des commentaires très controversés de son chef et vice-président du gouvernement, Pablo Iglesias, qui a déclaré la semaine dernière qu'il n'y avait pas "de pleine normalité politique et démocratique en Espagne". Ces propos ont déclenché un tollé de la part de tous les partis de l'opposition de droite, mais aussi un énorme malaise au sein même du Parti socialiste de Pedro Sánchez.

Des incidents violents après l'interpellation d'un rappeur — Espagne