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La pro-européenne Sandu en tête — Présidentielle en Moldavie

18 Novembre 2020

Elle a largement devancé le sortant pro-russe.

La Présidente élue moldave et chef du parti Action et Solidarité, Maia Sandu, a déclaré le 16 novembre lors d'une réunion avec l'ambassadeur russe Oleg Vasnetsov qu'elle a l'intention de tout faire pour établir des relations positives et pragmatiques avec la Russie.

Maia Sandu, 48 ans, a fait campagne sur la lutte contre la corruption et obtenu 57,75 % des suffrages contre 42,25 % pour son rival, lui-même visé par des accusations de corruption ayant émaillé son mandat de quatre ans. C'est la première femme à accéder à la présidence dans cette ex-république soviétique, toujours sous influence de Moscou.

L'ex-Première ministre pro-européenne Maia Sandu était sur le point de remporter le second tour de la présidentielle dimanche en Moldavie face au sortant prorusse, après le dépouillement de la quasi-totalité des bulletins. Son rival, Igor Dodon, âgé de 45 ans, ne s'est pas encore exprimé sur le résultat du vote, mais a "appelé au calme ". "Le décompte préliminaire montre que mon adversaire a gagné cette élection", a déclaré M. Dodon. "Je la félicite", a-t-il ajouté.

Ce petit pays de 3,5 millions d'habitants est parmi les pays les plus pauvres d'Europe et jusqu'à 40% de sa population, selon les estimations, est partie à l'étranger pour échapper à la misère.

Mme Sandu, considérée comme personne intègre et incorruptible, "va faire avancer les réformes" et pourra "défendre les intérêts nationaux en dialoguant avec la Russie", a estimé auprès de l'AFP le directeur exécutif de l'Institut de la politique européenne et des réformes à Chisinau, Iulian Groza.

"Tout doit nous alarmer dans ce texte" — Loi Sécurité globale
Concrètement, il leur serait possible à l'avenir de contribuer à la sécurisation de manifestations sportives ou culturelles. Des centaines de manifestants sont venus dénoncer la proposition de loi restreignant, selon eux, la liberté d'expression.

Economiste de formation, Mme Sandu avait travaillé pour la Banque mondiale (BM) à Chisinau de 1998 à 2005, puis à Washington de 2010 à 2012. Avant un bref passage comme Première ministre - de juin à novembre 2019 -, elle a également dirigé le ministère de l'Education. Moscou a publiquement soutenu M. Dodon en accusant les Occidentaux d'ingérence et d'orchestrer "un scénario révolutionnaire" pour la Moldavie, qui a déjà connu des contestations post-électorales.

La Russie, confrontée cette année à des mouvements de protestation en Biélorussie et au Kirghizstan, qu'elle considère comme sa zone d'influence après avoir rompu depuis 2014 ses liens avec l'Ukraine, soutenait ouvertement le président Dodon.

L'opposante Sandu a reçu le soutien de Bucarest qui a de forts liens historiques avec la Moldavie. "Aujourd'hui, vous avez le pouvoir de punir ceux qui vous ont volés, qui vous ont réduits à la misère et contraints de quitter votre maison", a lancé Maia Sandu dimanche après avoir voté à Chisinau, dans une allusion claire à son rival.

Coincée entre l'Ukraine aux ambitions pro-occidentale, et la Roumanie, membre de l'Union européenne, la Moldavie a été secouée en 2015 par un énorme scandale de corruption, concernant la disparition d'un milliard de dollars des caisses de trois banques nationales, soit l'équivalent de 15% du PIB.

Maia Sandu avait créé la surprise en arrivant en tête du premier tour de la présidentielle grâce au soutien inédit de la diaspora.

Les derniers sondages donnant les deux candidats au coude à coude, l'issue du vote pourrait à nouveau être décidée par la diaspora moldave en Europe, qui, selon des médias locaux s'est à nouveau rendue massivement aux urnes formant des files d'attente dans une dizaine de pays européens mais aussi à Moscou.

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