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Échauffourées devant l'Assemblée lors de l'examen du projet de loi "sécurité globale"

18 Novembre 2020

En effet, les syndicats de journalistes qui ont appelé au rassemblement au côté de la Ligue des droits de l'homme, d'Amnesty International et d'autres organisations comme Reporters sans frontières, estiment qu'elle revient de fait à interdire aux journalistes et aux citoyens de filmer les policiers en action, et empêcherait, par exemple, de documenter les violences policières. Des rassemblements étaient organisés à Rennes à Lyon ou encore à Toulouse.

Vers 21h30 les derniers manifestants avaient quitté les abords de l'Assemblée nationale et le calme était revenu, a indiqué la Préfecture de police. A l'inverse, le groupe Agir souhaite aller plus loin et notamment généraliser l'armement de la police municipale.

Le texte de la loi sur la sécurité fait débat. C'est sans doute le cas de la fameuse proposition de loi "Sécurité globale ", portée par la majorité LaREM à l'Assemblée nationale, et en particulier de son article 24, qui vise à punir "le fait de diffuser, par quelque moyen que ce soit et quel qu'en soit le support, dans le but qu'il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique, l'image du visage ou tout autre élément d'identification d'un agent de la police nationale ou de la gendarmerie nationale autre que son numéro d'identification individuel lorsqu'il agit dans le cadre d'une opération de police ".

Selon beaucoup de représentants de journalistes ou de défenseurs des libertés, cet article entraverait lourdement la liberté de la presse.

Des gilets jaunes et le collectif Stop armes mutilantes étaient également mobilisés ce lundi matin devant la préfecture de l'Hérault
Des gilets jaunes et le collectif Stop armes mutilantes étaient également mobilisés ce lundi matin devant la préfecture de l'Hérault. F.M

À noter par ailleurs que cette proposition de loi répond directement à une " promesse " faite aux forces de l'ordre, de l'aveu même de Gérald Darmanin, ce qui a fait dire à David Dufresne, auditionné le 12 novembre par les députés et dont le travail est probablement l'un des plus accomplis en la matière, que les syndicats de policiers auraient "pris le pouvoir sur le politique, et notamment sur la place Beauvau". Des experts indépendants mandatés par l'ONU ont aussi récemment redouté "des atteintes importantes" aux "libertés fondamentales". Enfin, Jean-Christophe Lagarde (UDI), dénonce un article "mal fichu".

Face aux critiques, le chef de file des députés LREM Christophe Castaner a tenté de déminer un texte "loin des caricatures". En cause? L'article controversé sur l'encadrement de la diffusion d'images des policiers que les protestataires jugent préoccupant. Une interprétation du texte rejetée avec vigueur par le gouvernement et les corapporteurs du texte, pour qui il s'agit seulement de "protéger ceux qui nous protègent". Les échauffourées ont fait "dix blessés légers dont neuf parmi les forces de sécurité intérieure", a ajouté la PP. Ce cortège de manifestants agrégeant des " gilets jaunes", des militants d'organisation de gauche, des lycéens et des étudiants est resté bloqué par les forces de l'ordre environ deux heures sur le boulevard Saint-Germain où la tension est montée avec les forces de l'ordre. "Demain on ne pourra plus faire de directs, alors que l'image est là pour établir la vérité", a dénoncé Emmanuel Poupard, du Syndicat national des journalistes (SNJ).

"Cette loi n'a pas d'utilité parce que dans le droit pénal français, il y a déjà plusieurs dispositions pour protéger les policiers et sanctionner" ceux qui voudraient leur nuire, a assuré l'avocat Arié Alimi, de la Ligue des droits de l'Homme, lors du rassemblement parisien.

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