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Samuel Paty : les révélations de l’avocat d’un collégien mis en examen

22 Octobre 2020

L'identité de ce jihadiste n'est pas connue à ce stade, a expliqué une source proche du dossier.

Quatre personnes, dont le parent d'élève et le militant islamiste, ont été mis en examen pour "complicité d'assassinat terroriste" dans le cadre de l'affaire sur l'assassinat de Samuel Paty, annonce l'AFP le jour où l'hommage national a été rendu au professeur dans la cour de la Sorbonne.

Le procureur a notamment mis en cause la fille du parent d'élève qui a lancé la mobilisation contre le professeur indiquant que cette dernière n'avait pas assisté au cours de Samuel Paty sur la liberté d'expression. Il était accompagné des deux tweets du meurtrier (dont l'un était la photo de la victime) dans lesquels il reconnaissait avoir tué Samuel Paty.

Il contient aussi deux mots en russe faisant référence à l'organisation Etat islamique, selon une traduction de l'AFP. Deux collégiens de 14 et 15 ans, accusés d'avoir désigné contre rémunération l'enseignant à l'assaillant, ont aussi été mis en examen pour "complicité d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste", mais ils ont toutefois été laissés libres sous contrôle judiciaire.

Figure aussi un parent d'élève, Brahim Chnina, qui avait posté des vidéos appelant à la vindicte populaire contre l'enseignant. Le père de famille lui reprochait notamment d'avoir montré des caricatures de Mahomet en classe.

L'assassinat de Samuel Paty l'a "révolté ".

"Il est aujourd'hui clair que le professeur a été nommément désigné comme une cible sur les réseaux sociaux par les deux hommes au moyen d'une manoeuvre et d'une réinterprétation des faits", a rappelé le procureur, Jean-François Ricard lors d'une conférence de presse qui s'est tenue hier après-midi.

Google poursuivi par la justice américaine pour abus de position dominante
En 2001, après trois ans de procédure, le ministère de la Justice avait failli réussir à démanteler le groupe informatique Microsoft.

Dans un communiqué, le parquet a précisé que Naïm B., Azim E., Abdelhakhim S.et Yussuf C. avaient été placés en détention provisoire, tandis que Brahim C a été incarcéré.

"Plusieurs contacts téléphoniques et écrits" entre ce père et l'assaillant ont eu lieu avant l'agression, a-t-il dit.

Selon l'avocat d'Abdelhakim Sefriou, "il y a des commanditaires qui sont derrière cet attentat et qui sont certainement ravis de voir que l'enquête se focalise sur des comparses périphériques, qui n'ont jamais voulu une telle horreur". Toujours selon l'avocat, "les personnes dangereuses, qui ont formé Anzorov, sont à l'abri et vont en former d'autres".

Le procureur a également mentionné "trois communications" d'Al-Qaïda et de sa branche yéménite qui incitaient au "meurtre" des personnes à l'origine de la rediffusion de ces dessins.

Ce mercredi 21 octobre, la série Plus belle la vie, la quotidienne de France 3, diffusée en début de soirée, du lundi au vendredi, accoutumée à intégrer des sujets d'actualité dans ses épisodes, a rendu un vibrant hommage à Samuel Paty, le professeur assassiné dans l'attentat de Conflans-Sainte-Honorine.

L'ouverture d'une enquête pour "complicité" signifie que le Parquet national antiterroriste (Pnat) estime que certains suspects avaient une connaissance précise de la finalité du projet terroriste de l'assaillant.

Au cours d'une cérémonie à la Sorbonne, le chef de l'Etat, qui avait quelques minutes plus tôt remis la Légion d'honneur au professeur, a assuré que "nous continuerons le combat pour la liberté" devant 400 invités dont les proches du professeur, des élèves de l'établissement, et de nombreux responsables politiques français.

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