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Professeur décapité : l'hommage national aura lieu mercredi, annonce l'Élysée

19 Octobre 2020

Agé de 18 ans, Abdoulah A. est un russe tchéchène.

Cette agression survient alors que se poursuit le procès des attentats contre Charlie Hebdo et le magasin Hyper Cacher en janvier 2015 devant la cour d'assises spéciale de Paris.

Vendredi vers 17 h, il a décapité un professeur d'histoire-géographie à proximité du collège où il enseignait dans un quartier calme de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), avant d'être abattu de neuf balles par des policiers à 200 mètres de là. Quatre personnes dans la nuit de vendredi à samedi et cinq personnes ce samedi matin.

L'Association des maires de France (AMF) a appelé samedi toutes les communes à rendre hommage à la victime, proposant "d'afficher sur leurs bâtiments le mot-dièse #JeSuisEnseignant, de respecter une minute de silence lors de la prochaine réunion du conseil municipal et choisir un jour de mise en berne du drapeau de la mairie".

Un hommage national sera rendu mercredi en coordination avec la famille de l'enseignant assassiné, a annoncé l'Elysée, sans en préciser le lieu. "Et un conseil de défense, présidé par Emmanuel Macron doit avoir lieu dimanche". "D'autres expressions (de soutien NDLR) et annonces sont prévues après les réunions", a-t-on appris auprès de l'exécutif.

Le Premier ministre Jean Castex a indiqué travailler à "une stratégie de riposte encore plus ferme, plus rapide et plus efficace quand un enseignant subit des menaces". "Dans un message vidéo " à tous les enseignants " du pays, il leur a promis que l'État serait à leurs côtés pour les " protéger ".

Le chef de file des députés LR Damien Abad a pour sa part suggéré une panthéonisation de l'enseignant, plaidant pour un "acte symbolique fort". Il faut montrer qu'elle se tient debout.

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Selon les premiers témoignages, le meurtrier qui employait en ligne le pseudonyme Tchetchene_270 guettait sa victime devant le collège du Bois-d'Aulne de Conflans-Saint-Honorine depuis l'après-midi. Malgré une tentative de médiation, les deux hommes exigeaient "avec virulence le renvoi du professeur", d'après Samuel Paty, sous peine de manifestations.

La victime est un professeur d'histoire-géographie qui enseignait au collège du Bois d'Aulne.

"Je me souviens de son cours sur la liberté d'expression. On avait parlé de Charlie, on avait fait des dessins qui sont encore accrochés dans le collège", explique la jeune fille, émue. Le soupçon d'une action de propagande islamiste délibérément orchestrée est renforcé par ce fait révélé par le procureur, lorsqu'il a évoqué le placement en garde à vue du parent d'élève et de l'individu qui l'a accompagné tout au long de ses démarches contre le professeur: "La demi-sœur de ce parent d'élève a rejoint l'État islamique en 2014 en Syrie et est recherchée depuis".

Les enquêteurs cherchent maintenant à savoir s'il a, lui-même, posté un message sur Twitter montrant une photo de la tête décapitée de la victime avec un message adressé à Emmanuel Macron, " le dirigeant des infidèles ", qui dit vouloir venger celui " qui a osé rabaisser Muhammad ".

Dans sa ville d'Evreux, ses voisins décrivent un jeune homme "discret", "plongé dans la religion" depuis trois ans.

Les parents, qui ont obtenu l'asile politique en France il y a dix ans, le grand-père et le petit-frère du tueur, ainsi que des membres de son entourage proche ont été interpellés dès vendredi soir par les policiers et se trouvaient toujours en garde à vue dimanche. Sept autres personnes ont également été arrêtées, dont un père d'élève du collège.

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