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Alexandre Loukachenko investi en catimini malgré la contestation — Biélorussie

24 Septembre 2020

"Nous ne t'avons pas choisi!", "Tu n'a pas pris tes fonctions, tu es juste devenu complètement sénile!", pouvait-on lire sur des affiches portées par des protestataires.

"Les exigences minimales pour des élections démocratiques n'étaient pas remplies", a dénoncé lors d'un point presse Steffen Seibert, ajoutant que cette élection du 9 août n'avait été "ni juste ni libre".

Selon la présidence, Alexandre Loukachenko a fait état de sa "fierté" dans son discours inaugural devant de hauts responsables triés sur le volet car, selon lui, la nation a vaincu les fauteurs de troubles.

Les Etats-Unis "ne peuvent pas considérer Alexandre Loukachenko comme le président légitimement élu de la Biélorussie", a déclaré mercredi 23 septembre le département d'Etat américain après sa prestation de serment en catimini pour un sixième mandat.

Dans la matinée, les médias indépendants biélorusses et les plateformes de l'opposition avaient spéculé sur une telle cérémonie en catimini, le cortège présidentiel ayant défilé dans la rue à toute vitesse, l'artère principale de Minsk ayant été fermée au public et les forces de l'ordre ayant été déployées en nombre autour de la présidence.

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Mme Nicole Notat a été désignée pour une mission d'évaluation de l'état d'avancement et d'exécution de ces mesures. Dans ces villes, la jauge des rassemblements est abaissée à 1.000 personnes (contre 5.000 auparavant).

Pavel Latouchko, membre de la présidence du Conseil de coordination de l'opposition, et Svetlana Tikhanovskaïa, candidate de l'opposition à la présidentielle, ont d'ores et déjà déclaré qu'ils ne reconnaissaient pas l'investiture d'Alexandre Loukachenko.

Le gouvernement allemand a quant à lui jugé que "le secret" entourant la cérémonie d'investiture était "révélateur" des faiblesses du régime et que faute de "légitimité démocratique", Berlin ne reconnaissait pas la réélection d'Alexandre Loukachenko.

Le Premier ministre des Pays-Bas, Mark Rutte, a aussi affirmé ne pas reconnaître la réélection d'Alexandre Loukachenko. Il a affirmé que son pays avait résisté à une "révolution de couleur", surnom donné en ex-URSS aux mouvements populaires qui ont chassé du pouvoir des régimes autoritaires depuis le début des années 2000 en Ukraine, en Géorgie ou encore au Kirghizstan.

"Il est ensuite apparu en uniforme militaire dans un discours devant des soldats au garde-à-vous".

M. Loukachenko est confronté depuis la présidentielle du 9 août à une contestation inédite, des dizaines de milliers de personnes descendant dans la rue chaque dimanche à Minsk, malgré la répression policière, pour dénoncer sa réélection jugée frauduleuse. Les premiers jours, les manifestations ont été réprimées très violemment et des milliers de personnes ont été arrêtées. Il a promis une vague réforme constitutionnelle pour répondre à cette crise politique mais il a exclu tout dialogue avec les détracteurs du régime qu'il pilote depuis 1994, tout en se rapprochant de Vladimir Poutine, qu'il avait pourtant accusé d'ingérence au printemps. La Russie l'a assuré de son soutien, bien que dans les semaines précédant la présidentielle il avait accusé Moscou de chercher à le chasser du pouvoir pour pouvoir vassaliser son pays.

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