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L'Unesco "regrette vivement" la décision des autorités turques — Sainte-Sophie

12 Juillet 2020

Recep Tayyip Erdogan a toutefois ajouté que la Turquie avait exercé son droit souverain en la convertissant en mosquée et qu'il interpréterait les critiques de cette décision comme une atteinte à l'indépendance du pays. "Il a été décidé que Sainte-Sophie sera placée sous l'administration de Diyanet (l'Autorité des affaires religieuses) et sera rouverte aux prières", a annoncé Recep Tayyip Erdogan peu après dans un communiqué posté sur Twitter.

La France a déploré dans la nuit la décision du Conseil d'Etat turc de modifier le statut de musée de l'ex-basilique Sainte-Sophie d'Istanbul et le décret du président Recep Tayyip Erdogan qui rétablit son statut de mosquée.

Le plus haut tribunal administratif de Turquie en a ainsi décidé.

"Comme toutes les autres mosquées, les portes de Sainte-Sophie resteraient ouvertes à tous, Turcs et étrangers, musulmans et non-musulmans", a-t-il déclaré dans un discours prononcé en fin d'après-midi.

"Convertie en mosquée après la prise de Constantinople par les Ottomans en 1453, elle a été transformée en musée en 1934 par le dirigeant de la jeune République turque, Mustafa Kemal, soucieux de l'" offrir à l'humanité ". La Cour a expliqué que, dans les actes de propriété au nom de la Fondation Mehmet-Fatih, du nom du sultan ottoman qui a conquis Constantinople au XVème siècle, Sainte-Sophie était inscrite comme une mosquée et que cette qualification ne pouvait être modifiée.

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Le Conseil d'Etat a jugé vendredi en début d'après-midi que le décret gouvernemental de 1934 ayant transformé l'ancienne basilique byzantine en musée était illégal.

Cette décision, attendue depuis plusieurs jours, soulève l'inquiétude de plusieurs pays, notamment la Russie et la Grèce, qui suivent de près le sort du patrimoine byzantin en Turquie, ainsi que les Etats-Unis et la France. L'an dernier, il avait qualifié sa transformation en musée de "très grosse erreur".

L'ex-basilique Sainte-Sophie devrait perdre son statut actuel de musée. "C'est une décision que j'attends depuis des années ", s'est-il réjoui.

La décision a immédiatement été critiquée au sein de la Turquie, par les milieux progressistes, mais aussi à l'international: la ministre grecque de la culture, Lina Mendoni, présentant la décision comme étant " une provocation envers le monde civilisé ", tandis que le premier ministre de la Grèce a condamné " avec la plus grande fermeté la décision de la Turquie ". "C'est une honte qu'elle ne soit pas intervenue auparavant, c'est pour cela que je suis très heureux", assurait ainsi dès vendredi soit Umut Cagri, un habitant d'Istanbul.

Quelques centaines de personnes se sont rassemblés devant l'ex-basilique, où un dispositif policier renforcé a été déployé, agitant des drapeaux turcs et scandant " les chaînes ont été brisées " pour fêter la décision du Conseil d'État. Enfin, l'église orthodoxe russe a déplacé le débat sur un terrain qui augure des futurs affrontements en regrettant que "l'inquiétude" de "millions de Chrétiens" n'ait pas été prise en compte par le tribunal turc.

L'Unesco