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France 5 : un film-documentaire qui passe mal en Algérie

29 Mai 2020

L'Algérie a décidé de rappeler "immédiatement" son ambassadeur à Paris pour "consultations" après la diffusion d'un reportage par des chaînes TV publiques françaises sur le "Hirak", a annoncé ce mercredi le ministère algérien des Affaires étrangères. Il a été retransmis en direct sur certaines pages Facebook. "Sans commentaire", a réagi mercredi soir auprès de l'AFP le groupe France Télévisions, dont France 5 est une des chaînes.

Le premier documentaire, qui a fait un tollé sur les réseaux sociaux, présente les témoignages de cinq jeunes -trois hommes et deux femmes originaires d'Alger, Oran et Tizi Ouzou notamment- qui ont participé au Hirak, le mouvement populaire antigouvernemental qui a secoué l'Algérie pendant plus d'un an jusqu'à sa récente suspension en raison de l'épidémie de Covid-19.

"Cet activisme où l'inimitié le dispute à la rancoeur, dévoile les intentions malveillantes et durables de certains milieux qui ne souhaitent pas l'avènement de relations apaisées entre l'Algérie et la France", a accusé Alger.

Ces polémiques récurrentes illustrent la nature volatile, sinon tumultueuse, des relations entre Alger et Paris, nourries de crispations et de malentendus depuis l'indépendance en 1962. Début avril, l'ambassadeur de France en Algérie, Xavier Driencourt, avait été convoqué aux Affaires étrangères après des déclarations tenues par un intervenant sur la chaîne internationale France 24, à propos de l'aide médicale chinoise, propos qui avaient fortement déplu aux autorités algériennes.

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Cette suspension prendra effet après un délai de 24 heures de procédure contradictoire auprès des organisations de ces essais. Elle a annoncé lundi avoir pris cette décision "temporairement " par "mesure de précaution".

C'est la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Agnès von der Mühll, qui s'est exprimé ce jeudi lors de son point de presse quotidien en a précisant que "l'ensemble des médias jouissent d'une complète indépendance qui est protégée par la loi en France ".

"Le régime algérien fait semblant de croire que, comme en Algérie, l'audiovisuel public serait en France aux ordres du pouvoir politique", estime l'historien Jean-Pierre Filiu, professeur à Sciences Po Paris. Ainsi tout est clair, le gouvernement Français mobilise ses milices médiatiques agressives pour verser sa haine sur "l'Algérie nouvelle "pour augmenter sa popularité suite à sa défaite devant le coronavirus et détourner l'opinion publique française sur les milles et milles problèmes qui précipitent son départ".

Ce coup de chaud diplomatique survient au moment où la répression continue à s'abattre sur des opposants, des journalistes et médias indépendants ainsi que des internautes. Elle a dégringolé de 27 places par rapport à 2015 (119e).

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