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Cinq manifestants tués par les forces de sécurité — Irak

08 Novembre 2019

Alors que le mouvement de contestation, qui réclame "la chute du régime", semblait prendre depuis sa reprise le 24 octobre des airs de désobéissance civile pacifique, la nuit de dimanche à lundi a été marquée par la mort de trois manifestants quand les forces de l'ordre ont tiré des balles pour disperser des manifestations près du consulat iranien de Kerbala (sud de Bagdad), selon le médecin légiste en chef de cette ville. Selon certaines sources médicales et policières, une dizaine de personnes ont été blessées.

Depuis le début le 1er octobre d'un mouvement spontané de contestation, près de 280 personnes -en majorité des manifestants- ont été tuées, selon un bilan compilé par l'AFP.

Dans la nuit de dimanche-lundi, quatre manifestants ont encore été tués alors qu'ils tentaient d'incendier la représentation diplomatique de l'Iran, pays voisin et grand parrain de la politique irakienne, à Kerbala, ville sainte chiite (100 km au sud de Bagdad) visitée chaque année par des millions de pèlerins iraniens.

C'est alors que les forces de l'ordre ont répliqué avec des rafales de balles réelles.

Des drapeaux irakiens ont été accrochés sur le mur d'enceinte du consulat où il a été écrit "Kerbala libre, Iran dehors ", les manifestants accusant l'Iran d'être l'architecte du système politique irakien jugé corrompu et incompétent. Wissam Chaker, père d'Ali, 20 ans, figure parmi les victimes, a affirmé à l'AFP que son fils avait été mortellement touché par une balle à l'épaule et une autre à la tête.

"Que le gouverneur ne vienne pas nous dire que (les manifestants) étaient armés alors qu'ils n'avaient que des pierres contre les balles des forces de sécurité", a lancé un proche d'une autre victime, refusant de donner son nom.

Depuis quelques jours, la colère de la rue se concentre sur l'Iran, l'une des deux puissances agissantes en Irak avec les Etats-Unis. Ces derniers sont absents des slogans des manifestants, et n'ont pas fortement réagi à la crise qui secoue l'Irak.

A l'opposé, en octobre, le général Ghassem Soleimani, commandant des forces chargées des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution -l'armée idéologique iranienne-, a multiplié les visites en Irak.

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"Consternée par l'effusion de sang", la représentante de l'ONU en Irak a appelé à ne "pas sous-estimer ou mal interpréter la très grande frustration" des Irakiens.

Et dans plusieurs villes du Sud, les administrations sont à l'arrêt en raison d'un mouvement de désobéissance civile.

La route menant au port d'Oum Qasr (Sud), vital notamment pour les importations alimentaires de l'Irak, est désormais barreé par des blocs de béton sur lesquels est inscrit "Fermé sur ordre du peuple".

Dans le port même, des dizaines de bateaux ont repris la route sans avoir pu décharger leurs cargaisons, a indiqué à l'AFP une source portuaire. À Missane (Sud), les manifestants bloquaient deux champs pétroliers exploités par des compagnies chinoises: Halfaya, l'un des plus grands champs du pays, deuxième producteur de l'Opep, et Buzurgan. La production n'a pas été interrompue mais des employés ont affirmé à l'AFP ne pas avoir pu accéder à leurs installations.

Les autorités ont proposé des réformes sociales et une commission chargée de rédiger des amendements constitutionnels a entamé ses travaux mardi, mais les manifestants continuent de réclamer le départ de tous les responsables et un nouveau système politique.

Dans un pays alors coupé du monde, sans Internet ni réseaux sociaux, des snipers, que l'État assure ne toujours pas pouvoir identifier, avaient tiré sur la foule durant cinq jours. En décrétant un couvre-feu nocturne à Bagdad, elles ont multiplié le nombre de manifestants sur la place Tahrir la nuit et des cortèges de voitures, musiques et klaxons hurlants, sortent désormais chaque nuit au moment où débute le couvre-feu.

"Signe que les autorités s'inquiètent d'un impact économique important, le premier ministre, Adel Abdel Mahdi, est sorti de son silence dimanche soir, assurant que " de nombreuses revendications ont déjà été satisfaites " et qu'il faut maintenant " retourner à la vie normale ".

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