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Matteo Salvini fait tomber le gouvernement — Italie

12 Août 2019

L'homme fort du gouvernement italien Matteo Salvini a continué samedi sa campagne de séduction, à coup de meetings et de selfies. Juste après avoir décrété jeudi la fin de son alliance avec le Mouvement 5 Etoiles (M5S, antisystème), il a profité d'un meeting à Pescara pour intimer aux parlementaires de "lever leur cul de leur chaise et revenir à Rome" pour faire tomber le gouvernement.

Toute la journée, des consultations ont eu lieu entre le chef du gouvernement Giuseppe Conte et le président Sergio Mattarella, et entre Giuseppe Conte et Matteo Salvini.

Peu perturbé par l'incident, M. Salvini a affirmé vouloir, par le vote, "donner à l'Italie un gouvernement courageux et stable qui dure au moins 10 ans".

L'occasion pour le leader de la Ligue d'opposer deux visions du pays: "l'Italie du oui", la sienne, "qui parie sur l'avenir et pas sur l'assistance", et celle du "non", qui s'oppose selon lui "aux élections, aux grands travaux, à la réforme fiscale, à la réforme de la justice".

" Il faut rendre la parole aux Italiens". Selon le système parlementaire italien, c'est au Sénat que doit avoir lieu le vote de censure contre M. Conte, qui y avait, en premier, obtenu la confiance du Parlement lors de la formation de l'hétéroclite gouvernement Ligue-M5S, il y a seulement 14 mois.

Cette nouvelle crise gouvernementale italienne pourrait avoir de conséquences néfastes du côté-ci de la Méditerranée, notamment en Tunisie et en Libye. Sont évoquées les dimanches 13, 20 et 27 octobre. A la Chambre des députés, cette réunion des chefs de groupes est prévue mardi midi.

Alors que le Parlement est en vacances, les élus de la Ligue ont été convoqués pour lundi après-midi tandis que le chef de file du M5S Luigi Di Maio comptera ses troupes dès le matin.

"Salvini devrait étudier la constitution sur laquelle il a prêté serment et arrêter de traiter le Parlement comme une gêne pour ses projets politiques: l'Italie n'est pas et ne deviendra jamais comme la Hongrie de Viktor Orban", a commenté le député de gauche Federico Fornaro.

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Quelle que soit la date, la Ligue se présentera en position de force. Après ses 34 % recueillis aux élections européennes du 26 mai, le parti de Matteo Salvini sera en position de force.

Alternative pour l'Allemagne (AfD) a aussi amélioré son score des élections européennes de 2014.

"L'électorat du Nord", qui représente la base sociale de la Ligue, "était très fatigué par ce gouvernement, il ne le supportait plus", a assuré à l'AFP Massimo Franco, éditorialiste du Corriere della Sera.

La grande inconnue reste la réaction du chef de l'État, Sergio Mattarella, qui a seul le pouvoir de dissoudre le Parlement, après consultation des présidents des deux Chambres et des principaux dirigeants politiques avant de convoquer un scrutin.

Un gouvernement expédiant les affaires courantes n'aurait pas le poids nécessaire pour négocier avec Bruxelles, ce qui pénaliserait l'Italie sur les marchés, alors que les taux italiens ont déjà grimpé après les annonces de Salvini.

Les spécialistes tablent sur un tel scrutin autour du 20 août.

"A mon avis, c'est la Ligue qui a imposé" la fin de la coalition "et dans les faits c'est le parti qui a diffusé en premier un communiqué suivi plus tard par celui de Salvini", a-t-il ajouté, jugeant totalement inédite la perspective d'élections à l'automne.

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