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Mort de Steve : l'IGPN relativise énormément l'intérêt... de sa propre enquête

07 Août 2019

" Quand j'allume la radio et que j'entends que c'est terminé, que l'IGPN a complètement dédouané les forces de police et que c'est la fin de l'histoire, moi aussi je m'insurge". Brigitte Julien, la directrice de l'IGPN et le chef de l'unité de coordination des enquêtes, David Chantreux, se sont exprimés lors d'une interview donnée à Libération ce lundi, à la suite de la synthèse, critiquée, de l'enquête administrative sur la mort de Steve Maia Caniço à Nantes. Rendu public mardi dernier par Édouard Philippe, le rapport de l'IGPN n'établit aucun lien direct entre l'intervention des forces de l'ordre et la disparition de Steve Maia Caniço. En plus des mobilisations dans la rue ce samedi pour exiger justice et vérité sur l'affaire - deux choses que l'IGPN n'est apparemment pas prête de proposer - la colère a pris sur les réseaux sociaux où de très nombreuses personnes ont mis en avant le fait que l'IGPN sert au gouvernement à blanchir sa police qui mutile et qui tue.

Steve avait été vu pour le dernière fois dans la nuit du 21 au 22 juin dernier alors qu'il assistait quai Wilson à la fête de la musique.

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L'emploi de la force était-il légitime?

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"On ne dit pas 'circulez, y a rien à voire!'", répond Brigitte Jullien au journal Libération. "Une enquête judiciaire a été ouverte (.)". On dit simplement qu'on n'a pas établi un lien avec les moyens d'une enquête administrative", poursuit David Chantreux, avant d'ajouter: " et ce ne sont pas des moyens de police judiciaire. Le chef de l'unité de coordination des enquêtes explique par ailleurs que "ce ne sont pas des moyens de police judiciaire [.] Il n'est par exemple pas possible d'accéder aux procès-verbaux de plainte". Si on dit ça aujourd'hui, demain les policiers ne tiendront plus la position et reculeront en se disant que finalement, c'est ce que pense l'administration dans cette situation. "On dit que l'emploi de la force était légitime en réaction à des jets de projectiles", déclare Brigitte Julien. Quant aux vidéos qui montrent la police avancée vers les fêtards alors même que la musique est déjà éteinte, David Chantreux justifie: "Le rapport de la délégation de Rennes ne relève aucun bond offensif". Selon lui, les éléments constitutifs d'une "charge" n'étaient pas réunis: "C'est ça qu'on appelle une charge en matière de police, quand des policiers courent, clairement, en groupe, vers l'avant, munis d'armes de maintien de l'ordre". "Après, ça ne veut pas dire qu'on conteste que des policiers puissent commettre des violences".

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