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Bientôt des embryons animaux-humains pour la recherche médicale — Japon

01 Août 2019

C'est une première au Japon. L'expérience du professeur Hiromitsu Nakauchi et de son équipe de l'université de Tokyo ne vise pourtant pas à créer de centaure ou autre loup-garou.

L'expérience de Nakuchi est la première à recevoir un accord officiel au Japon, suite aux délibérations d'un comité d'experts du ministère des sciences. La revue scientifique "Nature", qui rapporte la nouvelle, explique que Hiromitsu Nakauchi, qui dirige des équipes à l'Université de Tokyo et à l'Université Stanford en Californie, prévoit de cultiver des cellules humaines dans des embryons de souris et de rats, pour ensuite les transplanter dans des animaux de substitution. Avec pour objectif que cette manipulation permette de développer des organes animaux "humanisés" (le rein, le pancréas, le foie, etc), susceptibles de servir à une banque d'organes. Un délai que le chercheur a donc le droit de dépasser: il a indiqué qu'il allait dans un premier temps cultiver des embryons de souris jusqu'à 14,5 jours, puis chez le rat jusqu'à 15,5 jours, et enfin chez le porc jusqu'à 70 jours.

Mais ses expériences sont semées d'embûches.

" Certains bioéthiciens s'inquiètent de la possibilité que les cellules humaines se déplacent au-delà du développement de l'organe ciblé, se rendent dans le cerveau de l'animal en développement et puissent éventuellement affecter sa cognition".

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Kabila contrôle néanmoins l'Assemblée nationale, le Sénat, et une majorité des 26 Assemblées et gouvernorats provinciaux. En effet l'ancien Premier ministre Samy Badibanga remporte la vice-présidence au détriment d'Evariste Boshab.

Pour limiter le risque, Nakauchi assure avoir trouvé la solution. Il envisage de créer un animal dépourvu des gènes nécessaires à l'assemblage d'un organe (mettons les reins). Les scientifiques tentent ainsi de contourner ce problème en explorant deux pistes: la bio-ingénierie pour les organes artificiels, et les cellules souches pour le développement d'organes induits. Si tout se passe comme prévu, les cellules d'origine humaine resteraient alors confinées dans l'organe en question. Le rat a formé un pancréas entièrement constitué de cellules de souris. Le scientifique avait déjà créé un pancréas de souris chez un rat grâce à cette technique, ce pancréas ayant ensuite permis de guérir la souris diabétique chez laquelle il a été greffé. L'expérience a été moins concluante que celle des rongeurs, les embryons hybrides ne contenant alors que très peu de cellules humaines, et aucun organe en vue. Le 8 juillet, une tribune publiée dans Le Monde, signée par un collectif de scientifiques, mettait ainsi en garde contre la création d'embryons chimériques.

Le protocole expérimental consiste à injecter des cellules souches induites dans l'organisme d'un animal génétiquement modifié pour manquer d'un organe; une fois l'organe développé à terme, il peut être transplanté à l'Homme.

"Cela n'a pas de sens d'amener les embryons hybrides Homme-animal à terme en utilisant des espèces éloignées de l'évolution, telles que les porcs et les moutons, car les cellules humaines seront éliminées des embryons hôtes dès le début " déclare Jun Wu, qui étudie les chimères Homme-animal à l'UT Southwestern Medical Center.

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