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Joao Gilberto: la bossa-nova perd son patriarche

08 Juillet 2019

Dans un appartement de Copacabana, la nouvelle vague, "bossa nova" en argot carioca - poètes, musiciens - se réunit chez Nara Leao, une petite chanteuse de 14 ans.

"Je voudrais que mon père ait une fin de vie heureuse et tranquille", avait déclaré Joao Marcelo, le fils qu'il a eu avec sa première épouse, la chanteuse Astrud Gilberto, à la revue Veja. "Son combat était noble, il a tenté de conserver sa dignité alors qu'il perdait son autonomie", a écrit Joao Marcelo à propos de l'icône qui vivait ruiné et solitaire à Rio. Les causes de la mort n'ont pas été précisées. Et d'ajouter: "Je remercie ma famille (mon côté de la famille) d'avoir été là pour lui", allusion à peine voilée à la situation tumultueuse du clan. Ses deux premiers enfants, Joāo Marcelo et Bebel Gilberto, accusent depuis plusieurs années sa dernière épouse Claudia Faissol d'avoir abusé de sa faiblesse.

Fin 2017, sa fille Bebel avait obtenu sa mise sous tutelle, alors qu'il n'était plus en mesure de s'occuper de sa santé et de ses finances en raison de sa fragilité physique et mentale.

Né le 10 juin 1931 à Juazeiro, dans l'Etat lointain de Bahia (nord-est), Joao Gilberto Prado Pereira de Oliveira reçoit sa première guitare à 14 ans.

Joao Gilberto en août 2008 à Sao Paulo (Brésil).

C'est un chuchotement, un souffle, "la dernière étape avant le silence", disent les critiques.

Son principal accusateur abandonne son action en justice — Kevin Spacey
William Little assure l'avoir donné à la police en décembre 2017, qui l'a par la suite rendu au père de la présumée victime. D'après le plaignant, l'acteur de 59 ans aurait, à plusieurs reprises, mis la main dans son pantalon et saisi son sexe.

Beaucoup de Brésiliens l'ont vu pour la dernière fois sur une vidéo en 2015, où il apparaissait, très amaigri et en pyjama, chantant "La fille d'Ipanema" à sa plus jeune fille en s'accompagnant à la guitare. Seul sur son tabouret, avec sa guitare, il invente "la batida", un rythme sensuel et impose le "canto falado", le chant parlé.

"La tristesse est sans fin", dit l'une de ses chansons.

Guitariste et chanteur intimiste de l'âme brésilienne, Joao Gilberto s'est produit sur les plus grandes scènes du monde. Il a enseigné la délicatesse au Brésil, il a apporté la modernité.

Du haut de son génie, l'interprète de succès planétaires comme "Desafinado", "Corcovado" ou "Chega de Saudade", n'a jamais été facile à vivre. "C'est une perte irréparable", a réagi la chanteuse brésilienne Gal Costa à l'annonce du décès, selon un communiqué. Son art avait triomphé des réticences de son père, qui, désapprouvant la manière de chanter de son fils et son refus de se trouver un "vrai" travail, l'avait envoyé en 1955 dans un hôpital psychiatrique, dont Joao Gilberto avait été libéré au bout d'une semaine.

Perfectionniste jusqu'à la névrose, qui alla jusqu'à faire 28 prises de Rosa Morena en studio pour obtenir la prononciation souhaitée et qui avait même assigné en justice la maison de disques EMI pour des rééditions de ses oeuvres dont il jugeait le mastering indigne, Joao Gilberto a vécu une fin de vie compliquée.

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