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L'exécutif italien temporise — TGV Lyon-Turin

10 Mars 2019

"La France a toujours respecté le souhait du gouvernement italien de conduire une réflexion sur ce projet", a répondu Elisabeth Borne, et "se tient naturellement ouverte à une discussion entre partenaires".

Véritable pomme de discorde entre le Mouvement 5 Étoiles et la Ligue, le projet de ligne de train à grande vitesse (TAV) entre Lyon et Turin a engendré une crise de gouvernement en Italie.

"J'ai envoyé une lettre à la TELT, société chargée de la réalisation du Lyon-Turin, l'invitant à s'abstenir, avec effet immédiat, de toute activité pouvant entraîner des blocages juridiques et économiques pour l'Etat italien en rapport aux appels d'offres", a indiqué samedi le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, sur Facebook.

Les deux hommes forts de l'exécutif, Matteo Salvini, vice-Premier ministre et patron de la Ligue (extrême droite), et son homologue Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement Cinq Etoiles (M5S, antisystème), sont à couteaux tirés sur le sujet. Pour lui, il s'agit d'un gaspillage d'argent public, et les fonds devraient servir à la modernisation des routes et des tunnels existants.

"S'il n'y a pas d'accord de gouvernement, le Parlement peut se prononcer, les Italiens peuvent se prononcer par un référendum consultatif", a expliqué de son côté Matteo Salvini.

Les deux hommes ont signé en juin dernier un "contrat de gouvernement" dans lequel il est stipulé que la liaison ferroviaire Lyon-Turin devrait être "intégralement rediscutée".

La reine Elizabeth II publie son premier post sur Instagram
Et, ce n'est pas un hasard: déjà en 2014, une visite dans ce même musée avait engendré son premier tweet . La reine poursuit, évoquant un certain Charles Babbage , pionnier de l'informatique.

" Voyons qui a la tête la plus dure". Il ajoute que Rome a " l'intention de parler avec la France et l'Union européenne à la lumière des plus récentes analyses coûts-bénéfices ". Il a rappelé vendredi que la question de l'utilisation à bon escient de l'argent des Italiens était dans l'ADN du Mouvement Cinq Etoiles, créé sur une revendication d'honnêteté et de transparence.

Luigi Di Maio a d'ailleurs lourdement insisté pour que " l'argent des Italiens ne soit pas engagé, lié " dans l'immédiat par la poursuite de ce projet, dans la mesure où il doit être renégocié, notamment dans son financement.

Le temps presse cependant: Bruxelles a maintes fois réaffirmé ces dernières semaines que le Lyon-Turin représentait une infrastructure "fondamentale pour l'Italie, la France et l'Europe" et averti Rome qu'elle risquait de voir s'envoler les financements de l'UE en cas de coup d'arrêt au projet.

Ce n'est pas la première fois que le gouvernement italien est en difficulté sur les sujets qui le divisent, du décret controversé sur la sécurité et l'immigration à la loi sur la légitime défense en passant par le budget. Di Maio et Salvini ayant à coeur de sauver leur "mariage" politique, conclu il y a un an après les bons scores de leurs partis aux législatives du 4 mars.

Vendredi, la presse italienne titrait sur " l'affrontement final " sur le TGV Lyon-Turin, tout en restant prudente sur les chances ou non de survie du gouvernement.

" Je crois beaucoup aux confrontations, il y en a eu déjà dans le passé et nous avons toujours trouvé un accord ", a déclaré vendredi la ministre de l'Administration publique, Giulia Bongiorno, membre de la Ligue.

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