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"La grande concertation nationale" en deux phases — Gilets jaunes

20 Décembre 2018

Emmanuel Macron, accaparé par le meccano compliqué des aides destinées à apaiser la colère des "gilets jaunes", s'efforce aussi de lancer au plus vite le "grand débat national" qui doit fournir une issue politique à la crise et avait réuni en ce sens une bonne partie de son gouvernement hier soir à l'Élysée. Mardi, dans une lettre dévoilée par France Info, un autre demandait à "veiller à ce que les réunions ne soient en aucun cas des meetings politiques, ni pour le gouvernement, ni pour la majorité ". Ainsi, Édouard Philippe a précisé que la prime d'activité ne bénéficierait finalement qu'à une partie des Smicards. Et Matignon a annoncé mardi que plusieurs aides annoncées en novembre seraient abandonnées: l'extension du chèque énergie à deux millions de foyers supplémentaires, le relèvement du barème kilométrique et le doublement de la prime à la conversion pour les gros rouleurs.

Renoncer à des mesures est "une VRAIE ERREUR. Et inaudible et incompréhensible dans la situation actuelle ". Certains jugent insuffisante la prime de 300 euros qui devrait bénéficier à 111.000 fonctionnaires.

Emmanuel Macron doit réunir ce mardi à 16 heures "l'ensemble des mutuelles et assureurs privés" pour les mobiliser en faveur du pouvoir d'achat. À l'image de celui organisé sur l'Europe ces dernières semaines, "dont on peut clairement dire que personne n'a entendu parler", reproche un poids lourd de la majorité, proche d'Emmanuel Macron.

"On lâche rien!" Crachée par la sono du camion de tête du cortège, la chanson du groupe HK et Les Saltimbanks résume à elle seule la volonté des gilets jaunes croisés ce dimanche.

Pour tenir la réunion avec ses ministres, le chef de l'Etat avait annulé son déplacement à Biarritz destiné à préparer le G7, ce qui n'a pas découragé 200 "gilets jaunes " de tenter de perturber la réunion de Biarritz. "À Quimperlé, les " gilets jaunes " ont été délogés " plusieurs fois " par les forces de l'ordre de l'endroit qu'ils occupaient dans une zone commerciale et ne " savent plus ou aller ". La police les a repoussés à coups de lacrymogènes et balles de défense. Autre couac, Chantal Jouanno, la présidente de la Commission du débat public (CNDP), autorité indépendante chargée d'organiser le "grand débat", initialement conviée à la réunion hier, n'est finalement pas venue.

"J'en ai ras-le-bol de cette suspicion généralisée", a répliqué Benjamin Griveaux. "Si on voulait cornaquer le débat, le corseter, ça se ferait en préfecture avec le préfet en maître de cérémonie".

Le retour en grâce de Nicolas Sarkozy
D'origine géorgienne, mais née et élevée en France, Salomé Zourabichvili a occupé par le passé plusieurs postes diplomatiques en France.

Les contours de cette concertation de trois mois, qui devrait démarrer en janvier dans les mairies - au départ Emmanuel Macron visait le 15 décembre - restent encore très flous.

Chantal Jouanno, ancienne ministre de Nicolas Sarkozy, a multiplié les consultations ces derniers jours, y compris avec des représentants des Gilets jaunes.

Le débat doit aborder quatre thèmes (transition écologique, fiscalité, organisation de l'État, et démocratie et citoyenneté, dont l'immigration). Il pourrait aussi porter sur le référendum d'initiative citoyenne (RIC), réclamé par les "gilets jaunes" et soutenu par l'opposition, de la France Insoumise à LR. " Il n'est plus possible d'entraver la liberté de circulation ", estime l'élu La République en Marche, avant de justifier: " des mesures ont été prises, des réponses ont été apportées, deux lois vont être prises, un grand débat national va s'ouvrir ".

Ces mesures doivent désormais être présentées en projet de loi mercredi en Conseil des ministres, avant de passer devant l'Assemblée nationale jeudi et le Sénat vendredi.

Dans une certaine confusion, l'exécutif s'est engagé dans une course contre la montre pour que ces gestes d'apaisement puissent être applicables au 1er janvier.

Sur le terrain, les démantèlements de campements de Gilets jaunes se sont poursuivis en milieu de semaine, malgré la détermination affichée par certains, prêts à continuer le mouvement pendant les fêtes.