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" "Le négationniste Ryssen en " gilet jaune " en Une de Paris Match

08 Décembre 2018

La Une de l'hebdomadaire a eu un effet explosif sur les réseaux sociaux dont les utilisateurs ont remarqué la personne que la rédaction avait choisie pour représenter les Gilets jaunes. Ce militant d'ultradroite, connu pour son antisémitisme revendiqué, a été pris en photo alors qu'il échangeait avec un membre des forces de l'ordre près de l'Arc de triomphe, à Paris, samedi 1er décembre.

"Je m'oppose à l'esprit juif et je m'oppose radicalement au projet d'unification mondiale porté par le judaïsme, explique-t-il, par exemple, à Street Press en 2012".

Le 24 novembre, le négationniste avait déjà eu sa photo dans Le Figaro, toujours revêtu de son gilet jaune. "Donc je suis forcément antijuif et antisémite".

Ce personnage obscur a été poursuivi à de multiples reprises ces dernières années pour ses propos outrageants.

Or, comme l'explique "L'Express", Hervé Ryssen, de son vrai nom Hervé Lalin, est une figure de l'extrême-droite en France, qui n'a jamais caché ses opinions ouvertement antisémites et négationnistes.

Plusieurs sites institutionnels ciblés par des cyberattaques — "Gilets jaunes"
Les manifestants ne se mobilisent donc plus seulement dans la rue, mais également derrière leurs ordinateurs. Ils promettent de nouvelles actions pour le 8 décembre 2018.

" Tout le monde l'avait identifié, sauf Paris Match, apparemment", a condamné l'historien de la presse Christian Delporte sur Twitter". D'autres condamnations ont été prononcées en 2016 et 2013.

Une image forte qui aurait été parfaite si l'anonyme en question n'était pas Hervé Ryssen, comme n'ont pas manqué de le relever de nombreux internautes sur les réseaux sociaux, tout comme le principal intéressé, qui a tweeté dès hier soir: "Allez je fais la Une de 'Paris Match'". Le slogan est bien choisi, en particulier pour le numéro qui sort cette semaine. "On ne connaissait pas du tout ce personnage, que nous avons pris pour un Gilet jaune".

Interpellé sur Twitter, le rédacteur en chef politique de Paris Match, Bruno Jeudy a affirmé qu'un communiqué allait être publié pour répondre aux nombreuses interrogations suscitées par le choix d'une telle photo en Une de l'hebdomadaire. "Les dizaines de photojournalistes engagés sur le terrain, en raison des conditions extrêmement difficiles, n'étaient pas en mesure de recueillir l'identité, moins encore les arrière-pensées des manifestants", écrit Olivier Royant, directeur de la rédaction du magazine.

" Cette photographie fortuite révèle néanmoins l'infiltration du mouvement des gilets jaunes par les extrémistes, notamment, de l'ultra-droite". "C'est ainsi que cet individu s'est retrouvé en couverture de notre magazine", poursuit Olivier Royant, rappelant que son magazine combat " sans ambiguïté (...) toutes les formes de racisme et d'antisémitisme ".