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L'ex-milicien Alfred Yekatom, premier Centrafricain transféré à la CPI — La Haye

22 Novembre 2018

Remis depuis à la Cour pénale internationale (CPI), le député centrafricain et ex-chef milicien faisait l'objet d'un mandat d'arrêt "pour sa responsabilité pénale présumée de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité" commis entre décembre 2013 et août 2014.

Fatou Bensouda, procureure de la CPI, s'est félicitée samedi de ce transfèrement, promettant au peuple centrafricain de " poursuivre sa quête de vérité et de justice ". " La remise aujourd'hui (samedi) de ce suspect fait avancer la cause de la justice en République centrafricaine ", a-t-elle estimé dans un communiqué.

Alfred Yekatom a quitté Bangui à bord d'un jet, le 17 novembre 2018, pour La Haye, aux Pays Bas.

Yékatom Rambault a été caporal des Forces armées centrafricaines (FACA), avant de s'autoproclamer chef des milices anti-balaka, au moment fort de la crise centrafricaine, entre 2013 et 2016.

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Ils ont été dénoncés aux forces de l'ordre par les manifestants qui effectuaient le blocage. Un autre gilet jaune se vante d'avoir fait "mieux que la douane".

Le parlementaire avait été arrêté le 29 octobre, après avoir sorti un pistolet dans l'hémicycle, menacé un autre député, puis tiré deux fois en l'air.

La CPI soupçonne notamment M.Yekatom, 43 ans, d'avoir "commandé un groupe d'environ 3.000" combattants antibalaka.

A en croire le porte-parole de la CPI, Fadi El-Abdallah, les charges qui pèsent contre Alfred Yekatom Rhombot sont sous la catégorie de " crimes contre l'humanité, meurtres, tortures, persécutions, disparitions forcées et traitement inhumains ". Ces crimes auraient été commis à Bangui et dans la préfecture de la Lobaye (sud), toujours d'après la Cour. En 2015, il avait été placé sous sanctions du Trésor américain, qui le soupçonnait d'avoir mené des campagnes d'exactions contre des populations musulmanes, d'avoir tué des civils à Mbaiki (sud) et utilisé 153 enfants comme combattants. Son audience de comparution aura lieu "dans les meilleurs délais" après son arrivée à La Haye, a précisé la Cour.

Bien que les autorités judiciaires et politiques de l'Etat centrafricain observent encore un mutisme, l'information a été confirmée au cours d'une conférence de presse conjointe tenue samedi soir par la Fédération internationale des Droits de l'homme (FIDH), la Ligue centrafricaine des droits de l'homme (LCDH), et l'Observatoire centrafricain des Droits de l'homme (OCDH). Dans ce pays enclavé, un quart des 4,5 millions d'habitants ont fui leurs domiciles.

L'ex-milicien Alfred Yekatom, premier Centrafricain transféré à la CPI — La Haye