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Essais nucléaires en Polynésie. Plainte déposée pour crimes contre l’humanité

11 Octobre 2018

Oscar Temaru, le chef de file de la délégation indépendantiste polynésienne à l'ONU, a annoncé avoir déposé une plainte pour "crime contre l'humanité" contre la France pour ses essais nucléaires.

"Les essais nucléaires français ne sont que le résultat direct d'une colonisation, poursuit l'indépendantiste polynésien".

Tous ont également dénoncé le retrait à la demande du comité des 24, en juin dernier, du paragraphe 11 de la résolution de 2017 de la quatrième commission, relatif aux conséquences du nucléaire.

Son rapport de février 2016 rendu à François Hollande note que la levée du secret défense, en 2013, sur près de 400 documents de la période des essais nucléaires, indique que depuis 1960 le service de santé des armées, les ministres de la Défense et les présidents de la République successifs, étaient au courant des risques sanitaires auxquels étaient exposés les populations locales et les personnels des sites atomiques. Ils demandent au président de la 4e commission la réintroduction de ce libellé dans le prochain projet de résolution. Son parti, le Tavini Huira'atira, a déposé une plainte début octobre devant la Cour pénale internationale pour crime contre l'humanité visant la France pour les essais nucléaires menés pendant 30 ans dans le Pacifique.

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Jusque-là selon l'association aucune plainte n'a jamais abouti en justice, malgré l'amende de 450 euros prévue par la loi. La cause étant la présence de Loya dans le magasin.

Le président autonomiste de la Polynésie française, Édouard Fritch, assure de son côté que son pays "ne vit nullement dans une situation coloniale, ni une situation d'oppression". "L'Etat doit aller jusqu'au bout de sa reconnaissance de responsabilité, et les Polynésiens victimes des essais nucléaires, doivent obtenir réparation", avait-elle ajouté. "Cette poursuite en justice a pour objectif de demander des comptes à tous les présidents français vivants depuis le début des essais nucléaires contre notre pays", a-t-il commenté. "Contrairement au discours français, nous n'avons pas accepté d'accueillir ces essais, ils nous ont été imposés avec la menace directe de l'établissement d'une gouvernance militaire si nous refusions", a-t-il poursuivi.

Après l'accès à l'indépendance de l'Algérie en 1962, les essais nucléaires français se sont déplacés en Polynésie française. Des appels à dialoguer " ignorés " Le dirigeant indépendantiste a précisé qu'un " dialogue responsable " avait été recherché depuis 2013 avec " la puissance administrative " sous la supervision des Nations unies. La loi établit une liste de 21 cancers et leucémies pouvant être provoqué par l'exposition à la radioactivité, mais c'est au plaignant de prouver un lien de cause à effet, difficile facile à établir avec certitude face à d'autres facteurs.

La raison de cette "absence de dossier" est "insaisissable", bien que le rapport mentionne le fait que "des victimes ont pu décéder depuis", ou se soient démotivées "compte tenu de la probabilité qu'ils soient rejetés". Seul le Conseil de sécurité de l'ONU a le pouvoir de saisir le procureur de la CPI pour des faits antérieurs au 1er juillet 2002.

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