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L'indignation après le meurtre d'une journaliste bulgare

08 Octobre 2018

C'est la question que se posent les enquêteurs après la découverte samedi dans un parc de Ruse, ville située au nord du pays, du corps de Viktoria Marinova.

Mère d'un enfant, journaliste "disciplinée, ambitieuse, allant jusqu'au bout" selon un confrère, Viktoria Marinova avait expliqué lors de sa dernière émission vouloir donner "une tribune" au journalisme d'investigation, déplorant "la pression" des politiques et des milieux d'affaire, des propos rares à la télévision bulgare. Les enquêteurs examinent toutes les pistes, liées tant à sa vie personnelle que professionnelle. Cette dernière présentait une émission sur les questions de société diffusée à Ruse, l'une des plus grandes villes du pays, proche du Danube et de la frontière avec la Roumanie.

Le premier ministre, Boïko Borissov, a déclaré à la presse que l'enquête devrait rapidement établir l'identité du meurtrier. Il a ajouté que les experts avaient collecté de nombreux échantillons d'ADN. Fin septembre, elle avait notamment participé à un entretien avec deux journalistes d'investigation réputés, le Bulgare Dimitar Stoyanov du site Bivol.bg et le Roumain Attila Biro, qui enquêtent sur des soupçons de fraudes aux subventions européennes impliquant des hommes d'affaire et des élus.

Le pays est régulièrement mis en cause pour son environnement médiatique corrompu qui porte atteinte à la liberté d'informer. Et compte tenu des éléments en sa possession, la police n'est pour l'heure pas en mesure d'établir un lien direct entre ce meurtre et la profession exercée par la victime.

Ce meurtre sordide a aussitôt provoqué une pluie d'indignation dans tout le pays.

L'extrême droite en tête au premier tour — Présidentielle au Brésil
Eduardo Bolsonaro a été réélu député, dimanche, pendant que Flavio Bolsonaro s'assurait un siège de sénateur. Elles ne devraient toutefois pas transformer radicalement le paysage politique.

De nombreux professionnels des médias ont partagé leur émotion et leur colère sur les réseaux sociaux, rappelant qu'elle était la troisième journaliste tuée en un an en Europe après le reporter Jan Kuciak en Slovaquie en février et la journaliste maltaise Daphné Caruana Galizia en octobre 2017. L'ONG Reporter Sans Frontières a exhorté les autorités bulgares " à faire toute la lumière sur cet acte odieux " leur demandant de placer les collègues de Viktoria Marinova sous protection.

" Nous sommes sous le choc". Il a ajouté que ses collègues et lui craignaient désormais pour leur sécurité.

I will closely follow investigation into horrific murder of investigative journalist Viktoria Marinova in #Bulgaria. Elle avait notamment donné la parole à des personnes en souffrance, confrontées à des problèmes de violences conjugales, d'alcoolisme ou de handicap. Selon des sources policières relayées par RFI, le crime ne serait pas directement lié à la profession de la victime.

" Son téléphone portable, ses clés de voiture, ses lunettes et une partie de ses vêtements ont disparu ", a précisé le parquet local. Dans son dernier rapport, RSF soulignait la difficulté pour les journalistes bulgares d'exercer leur métier dans de bonnes conditions, car devant faire face à des "oligarques exerçant un monopole médiatique et à des autorités soupçonnées de corruption et de liens avec le crime organisé".