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Climat: le Giec appelle à des transformations "sans précédent"

08 Octobre 2018

Les gouvernements ont approuvé samedi, 06 octobre, le dernier bilan scientifique du Giec sur le dérèglement climatique, qui montre de forts impacts dès 1,5°C de réchauffement, en dépit de contestations exprimées par l'Arabie saoudite, a-t-on appris auprès de plusieurs participants.

Ce recul massif d'émissions nécessaire exigera "une transition rapide et de grande portée en matière d'énergies, d'usage des sols, de transports, bâtiment et systèmes industriels", un mouvement "sans précédent" car impliquant tous ces secteurs à la fois.

Premier exportateur mondial de pétrole, l'Arabie saoudite a, selon plusieurs participants, âprement contesté en fin de parcours un chapitre rappelant l'insuffisance globale des engagements de réduction d'émissions pris à Paris par les pays pour rester à 1,5 °C.

Pour sa collègue française, la climatologue Valérie Masson-Delmotte, également à Incheon, c'est " un constat lucide et difficile: la politique des petits pas ça ne suffit pas ". La vraie question de la faisabilité c'est celle-là: "les gens sont-ils prêts à agir, et y aura-t-il assez de volonté politique collective?"

Le climatologue Jean-Pascal Ypersele cite le rapport "Une seule planète", préparé en 1972 pour la première conférence de l'ONU sur l'environnement humain. Pour Michael Mann, de la Pennsylvania State University, "les modèles de projections ont été exagérément conservateurs, avec une tendance à sous-prévoir les impacts en cours, dont la perte de banquise en Arctique, de glace au Groenland ou en Antarctique ouest, et donc la montée des mers en résultant". À +2 °C, ce serait 10 cm de plus, ce qui toucherait jusqu'à 10 millions de personnes supplémentaires. À 2°C, ce sera un été par décennie. Si le réchauffement atteint +1,5°C, il aura des impacts irréversibles sur certaines espèces animales ou végétales, comme les coraux, la toundra et la forêt boréale.

Accusations de viol contre Cristiano Ronaldo : les sponsors prennent leur distance
A son arrivée au stade quelques heures plus tôt, Ronaldo avait le visage sombre, mais pas plus que ses coéquipiers. Elle affirme que le footballeur l'a violée, le 13 juin 2009, lors d'une soirée à Las Vegas .

La baisse de productivité du maïs, du riz ou du blé sera plus limitée à +1,5° qu'à 2, de l'Asie du Sud-est à l'Amérique latine, dit encore le rapport, qui décrit aussi des risques accrus pour la ressource d'eau, la sécurité alimentaire et la santé.

Pour rester à +1,5 °C, il faut faire décliner les émissions de CO2 bien avant 2030 et fortement (-45 % d'ici 2030 par rapport à leur niveau de 2010), pour ensuite arriver, vers 2050, à une " neutralité carbone ": c'est-à-dire cesser d'envoyer dans l'atmosphère plus de CO2 que l'on peut en absorber. L'industrie devra réduire ses émissions de CO2 de 75-90% d'ici 2050 par rapport à 2010 (comparé à 50-80% pour 2°C), les transports passer aux énergies bas carbone (35-65% en 2050 contre moins de 5% en 2020).

Ainsi, les énergies renouvelables, qui représentent aujourd'hui 25% environ de la production d'électricité, devront monter à 70-85% d'ici 2050. Quelque 2 400 milliards de dollars d'investissements annuels seront nécessaires entre 2016 et 2035 pour la transformation des systèmes énergétiques, soit 2,5 % du PIB mondial.

Les experts du GIEC observent qu'une augmentation de 1,5 degré comporterait déjà des risques pour la nature et pour l'humanité. Un coût qu'il faut mettre en regard avec le coût, bien plus élevé, de l'inaction, soulignent les scientifiques.

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