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"La pauvreté ne doit plus se transmettre en héritage" — Emmmanuel Macron

13 Septembre 2018

Emmanuel Macron dévoile ce jeudi un plan très attendu de lutte contre la pauvreté, d'un montant de huit milliards d'euros sur quatre ans, espérant lancer ainsi une nouvelle phase du quinquennat davantage axée sur le social. A la fin de son discours, le président de la République a annoncé une "loi en 2020" visant à créer "un revenu universel d'activité" qui fusionnerait plusieurs prestations sociales pour "garantir un seuil minimal de dignité" à tous.

"Ce n'est pas un plan charité car il ne s'agit pas de permettre de vivre un tout petit peu mieux dans la pauvreté, il s'agit de sortir de la pauvreté", a déclaré le chef de l'État lors d'un discours de plus d'une heure au Musée de l'Homme, disant vouloir éviter qu'elle "se transmette de génération en génération ".

Parmi les mesures annoncées, le gouvernement entend rendre les lieux de garde d'enfants, qui sont " les moments de l'éveil cognitif ", accessibles à tous, avec un objectif de 30000 places de crèche supplémentaires.

Dans son discours, Emmanuel Macron a mis l'accent sur la nécessité de retrouver un emploi rapidement pour combattre la pauvreté. Pour y parvenir, l'Education nationale, les collectivités territoriales et l'Etat seront mises à contribution: " ils devront développer des places dans les écoles de la 2e chance, les microlycées, les chantiers d'insertion, les écoles de production, ainsi que des missions de service civique...", explique Antoine Dulin. "Le revenu universel d'activité revient à payer tout le monde à ne rien faire".

Le plan pauvreté sera doté d'un "total de huit milliards d'euros sur le quinquennat", a indiqué ce jeudi matin Agnès Buzyn au quotidien gratuit CNews.

"On ne doit pas demander aux gens de faire ce qu'ils ne peuvent pas".

Emmanuel Macron à Paris, le 13 septembre 2018. "La pauvreté doit être un état transitoire, au pire". "Être pauvre c'est un combat de chaque instant pour tenter de survivre", a-t-il déclaré avec lyrisme.

Emmanuel Macron a également souhaité que l'Etat aide les départements à mieux accompagner les personnes les plus éloignées de l'emploi, notamment bénéficiaires du RSA.

Autre axe fort de la mesure, le plus important: le bénéficiaire du revenu universel d'activité devra respecter un "contrat d'engagement réciproque", "l'obligation d'inscription dans un parcours d'insertion avec l'impossibilité de refuser deux offres raisonnables d'emploi".

Maracineanu, une ministre déjà sur le gril
Les débuts de la toute nouvelle ministre des Sports, Roxana Maracineanu , sont pour le moins mouvementés. Principal levier d'action pour faire des économies: les conseillers techniques sportifs.

"Je souhaite créer par un loi en 2020 un revenu universel d'activité, dont l'Etat sera intégralement responsable".

"En contrepartie, nous veillerons à ce que les devoirs soient respectés".

Dans le domaine de la santé, le plan prévoit la fusion de deux dispositifs de complémentaire santé, la CMU-C, gratuite et réservée aux plus démunis, et l'aide à la complémentaire santé (ACS) destinée à des ménages modestes moins contraints.

Et une ambition: enlever cette étiquette - qui lui colle à la peau- de président des riches, voire des "très riches " comme le surnomme François Hollande.

Agnès Buzyn, a affirmé que la création du revenu universel d'activité ne recèle "aucune intention cachée de remettre en cause certains droits", notamment "les aides monétaires [qui] augmenteront encore".

Cette réforme vise à "simplifier un système qui par sédimentation (.) produit de la confusion et de l'inéquité", a-t-elle expliqué, ajoutant que le gouvernement prendra "le temps de le faire car c'est une réforme de grande ampleur".

"Parfois, des erreurs ont été faites sur ces belles idées". Revenu de solidarité active (RSA), allocation de solidarité spécifique (ASS), prime d'activité, aides au logement (AL), allocation adulte handicapé (AHH), allocation de solidarité pour les personnes âgées (ASPA, ex-minimum vieillesse), allocation supplémentaire d'invalidité (ASI).

Si le projet de revenu universel de Benoît Hamon a quelque peu évolué tout au long de la campagne présidentielle, sa conditionnalité n'a, elle, jamais été une option.