Jeudi, 20 Septembre 2018
Dernières nouvelles
Principale » Reconnu coupable dans le procès Roundup, Monsanto conteste

Reconnu coupable dans le procès Roundup, Monsanto conteste

13 Août 2018

Après la condamnation de Monsanto, Nicolas Hulot voit une opportunité d'intensifier la lutter contre les pesticides.

Un tribunal de San Francisco a condamné vendredi Monsanto à payer 289 millions de dollars d'amende, dont 250 millions de dollars de "dommages punitifs" pour ne pas avoir informé de la dangerosité de son herbicide Roundup à l'origine du cancer de Dewayne Johnson, une victoire pour ce jardinier américain qui espère un effet boule de neige.

Tombé dans les bras de ses avocats à l'annonce du verdict, partagé entre larmes et sourires, cet Américain de 46 ans réclamait plus de 400 millions de dollars, estimant que les produits de Monsanto avaient entraîné son cancer et que la multinationale avait sciemment caché leur dangerosité. Père de deux enfants, il est diagnostiqué en 2014 d'un lymphome non hodgkinien, un cancer incurable du système lymphatique. "Comment ose-t-elle?", s'est interrogé au sortir de la salle d'audience Dewayne Johnson, à qui les médecins donnent moins de deux ans à vivre.

Et selon l'un des avocats du plaignant, Brent Wisner, le verdict "montre que les preuves (de la dangerosité du glyphosate) sont accablantes".

"Des gens souffrent du cancer, car Monsanto ne leur a pas donné le choix", a-t-il ajouté, se disant déterminé à "(se) battre jusqu'au bout", l'entreprise comptant faire appel.

Pour Monsanto, il n'y a aucun lien entre cancer et glyphosate et donc aucune raison d'avertir d'un danger quelconque à propos de cette substance très controversée.

Une ancienne conseillère accuse Donald Trump de mensonge et de racisme — USA
De janvier 2017 à janvier 2018, Mme Manigault dirigeait les communications de l'Office of Public Liaison de la Maison-Blanche, un service historiquement chargé de communiquer et d'interagir avec divers groupes d'intérêt.

Selon lui, le procès a permis de montrer la "corruption des autorités publiques" et la prise en otage des "agences qui sont censées nous protéger de la pollution et de la falsification de la science".

La déclaration de guerre de Nicolas Hulot gagnerait en crédibilité si elle était relayée par Emmanuel Macron à plus haut niveau et sur le plan européen où, en parallèle des actions judiciaires, se jouera la bataille décisive avec une Allemagne attendue aux côtés de son leader mondial de l'agrochimie.

Les jurés avaient commencé à délibérer le 8 août après plus d'un mois de débats dans ce procès historique, le premier à concerner le caractère possiblement cancérigène des produits au glyphosate de Monsanto. Avec des conséquences qui pourraient coûter cher à Bayer qui avait bouclé début juin pour 63 milliards de dollars l'achat de l'Américain.

Conscient de la mauvaise image portée par Monsanto, parfois surnommé "Monsatan" ou "Mutanto" par ses détracteurs, le groupe allemand avait rapidement fait connaître son intention d'abandonner la marque "Monsanto". La firme, qui a fait appel, doit lui verser 254 millions de dollars pour ne pas l'avoir prévenu des risques cancérogènes du produit.

Pour François Veillerette, directeur de l'ONG Générations Futures, " nous espérons que cette condamnation est la première d'une longue série, aux Etats Unis ou des milliers de procédures similaires ont été lancées, mais aussi en France- avec la famille Grataloup par exemple- et ailleurs dans le monde.

Reconnu coupable dans le procès Roundup, Monsanto conteste