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Le bras droit d'Emmanuel Macron accusé de conflit d'intérêts

09 Août 2018

L'association Anticor a déposé ce mercredi 8 août une plainte complémentaire pour "prise illégale d'intérêt" contre le secrétaire général de l'Elysée, Alexis Kohler, dont Mediapart a révélé lundi qu'il avait approuvé, comme haut-fonctionnaire, des contrats concernant l'armateur MSC, fondé et dirigée par des cousins de sa mère.

De plus, toujours selon Mediapart, la période où Alexis Kohler remplissait ses fonctions au sein du conseil de surveillance du Port du Havre n'était pas anodine.

Ce n'est pas la première fois que Kohler est pointé du doigt puisqu'il y a quelques mois, ce dernier était accusé de conflit d'intérêts au motif qu'il avait siégé au conseil d'administration de STX France, à partir de 2010, chantiers navals dont MSC était le principal client, avant de finalement rejoindre les rangs de l'armateur, en 2016. Il avait ensuite rejoint l'armateur en août 2016 en tant que directeur financier, grâce au feu vert de la commission de déontologie de la fonction publique.

Aujourd'hui, Alexis Kohler est secrétaire général de l'Elysée, mais entre 2010 et 2012, celui qui est considéré comme le plus proche collaborateur d'Emmanuel Macron, était administrateur au conseil de surveillance du port du Havre. Ils avaient notamment entraîné l'ouverture d'une enquête du parquet national financier visant à " vérifier si les règles relatives à la mise en disponibilité des agents publics ont bien été respectées ".

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Alexis Kohler a fait savoir en juin, via l'Elysée, qu'il avait toujours tenu sa hiérarchie informée de ses liens personnels avec l'entreprise et a dénoncé un "soupçon totalement infondé".

Citant les procès-verbaux du conseil de surveillance de GPMH, le site affirme que l'actuel numéro deux de l'Elysée, qui siégait alors en tant que représentant de l'agence des participations de l'Etat (APE), "n'a jamais informé les autres membres du conseil des ses liens familiaux avec l'armateur italo-suisse". D'après les procès-verbaux que s'est procuré Mediapart, il a pris la parole lors de deux réunions, en septembre 2010 et 2011 et a voté en faveur de contrats à venir entre GPMH et Terminal Normandie MSC, filiale française de l'amateur italien. Plusieurs ex-membres du conseil ont affirmé à Mediapart "qu'ils ignoraient tout de la situation familiale d'Alexis Kohler et qu'ils sont tombés des nues quand ils ont découvert très récemment ses liens avec MSC", l'un des plus gros transporteurs maritimes de conteneurs au monde.

Interrogée par l'AFP, la présidence n'a souhaité faire "aucun commentaire" en raison de l'enquête en cours. En mai, Mediapart avait toutefois recueilli cette réponse: " M. Kohler ne s'est jamais trouvé ou placé en position décisionnaire ou en situation de faire valoir une opinion personnelle dans les travaux internes et délibérations concernant MSC. Comme le montrait l'enquête, l'actuel secrétaire général de l'Élysée, à ses différents postes, " a été amené à travailler sur ce dossier, à mobiliser des financements ou des crédits exports, à apporter des garanties d'État pour aider la MSC ". "Ceci reste effectif pour le présent comme pour l'avenir".

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