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L'Arabie Saoudite va relocaliser ses étudiants hors du Canada — Crise diplomatique

08 Août 2018

Les tensions entre les deux pays ont éclaté après des déclarations sur Twitter de l'ambassade canadienne s'inquiétant d'une nouvelle vague d'arrestations de militants des droits de l'homme dans le royaume.

Le Canada vend surtout des armes - Riyad en est le premier acheteur mondial - et l'Arabie saoudite exporte des produits pétroliers raffinés et des produits pétrochimiques en quantité limitée.

En mars 2015, l'Arabie saoudite a rappelé son ambassadeur de Stockholm à la suite des critiques suédoises au sujet du bilan de Ryad en matière de droits de l'Homme. Riyad a décrété une rupture de grande ampleur avec Ottowa à la suite de critiques canadiennes contre des arrestations de militantes des droits des femmes. Parmi les militants arrêtés figure Samar Badawi, sœur du blogueur dissident Raif Badawi, lui-même emprisonné depuis 2012. Son épouse et ses enfants vivent au Québec depuis l'automne 2013.

Les représailles saoudiennes, annoncées par l'agence officielle de presse saoudienne SPA, porte également sur les échanges éducatifs et universitaires entre les deux pays, a rapporté lundi la chaîne de télévision saoudienne Al Arabiya.

Plus prosaïquement, Ryad ferait ainsi payer à Justin Trudeau sa réticence à soutenir les sanctions américaines face à l'Iran, selon lui. "M. Fayçal qui était de la famille royale avait le pouvoir de guider la politique étrangère saoudienne, contrairement au ministre actuel", qui suit les ordres du téméraire prince héritier Mohammad ben Salmane, " à qui manque la sagesse politique de Saoud al-Fayçal", selon l'observateur. Plus d'une dizaine de militantes des droits des femmes ont ainsi été arrêtées depuis le mois de mai.

L'arrestation la semaine dernière de Samar Badaoui, après celle de plusieurs militantes des droits des femmes, est à l'origine de l'escalade des protestations canadiennes et de la riposte saoudienne.

Au cours de la fin de semaine, l'Arabie saoudite a annoncé qu'elle gèlerait tout nouvel accord commercial et d'investissement avec le Canada, expulserait l'ambassadeur canadien et rappellerait son propre émissaire à Ottawa. Le ministère des Affaires étrangères saoudien s'était empressé de qualifier l'ambassadeur canadien de " persona non grata ".

Pas de Fallout 76 pour Steam
Il ne faudra pas espérer le trouver sur Steam , Bethesda ayant décidé de se passer des services de Valve. La B.E.T.A.et le jeu seront disponibles sur Xbox One, PlayStation 4 et PC (via Bethesda.net uniquement).

Elle a poursuivi tout en insistant que "le Canada défendra toujours les droits de l'Homme, y compris les droits des femmes, et la liberté d'expression dans le monde".

Le royaume "refuse toute ingérence dans ses affaires intérieures et traitera toute ingérence de façon déterminée", a ainsi réaffirmé lundi le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al-Jubeir. "Tout autre pas du Canada dans cette direction sera considéré comme une reconnaissance de notre droit à interférer dans les affaires domestiques canadiennes", dit le document, qui ajoute que Riyad se "réserve le droit de prendre de nouvelles mesures".

"La communauté diplomatique tout entière a été surprise par cette annonce", a déclaré à Reuters une source à Riyad.

Commercialement, la rupture n'est, à ce stade, pas très douloureuse pour le Canada et encore moins pour l'Arabie saoudite. On ignore pour l'heure quel impact la décision saoudienne pourrait avoir sur un contrat de défense de 13 milliards de dollars signés en 2014 entre les deux pays.

De son côté, le collège Algonquin a indiqué qu'il travaillait avec le bureau culturel de l'Arabie saoudite [à Ottawa] pour répondre aux besoins actuels et futurs des étudiants, que ce soit en restant à Algonquin pour compléter leurs études ou en étant transféré dans une autre institution.

C'est la première fois que l'Arabie saoudite prend une mesure aussi hostile vis-à-vis d'une puissance occidentale.

"L'Arabie saoudite se tire une balle dans le pied". "Cependant, les dirigeants saoudiens ont le sentiment de faire face à un choix impossible: si s'ouvrir au monde signifie qu'il faut accepter un changement, ils veulent imposer et contrôler soigneusement les réformes, parce qu'ils sont mortellement effrayés par tout changement émanant de la base, par exemple via des activistes féministes".

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