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Proche-orient. La Knesset adoube Israël comme État d’apartheid

20 Juillet 2018

Désormais, l'hébreu est la seule langue officielle d'Israël alors que jusque-là, l'arabe avait un statut identique.

Autre point polémique, la loi proclame que Jérusalem est la capitale d'Israël, y compris la partie orientale de la ville annexée et occupée.

Dans la précédente version, le projet de loi évoquait la possibilité de créer des localités exclusivement réservées aux juifs, ce qui en excluait les citoyens arabes israéliens qui constituent 17,5% de la population totale israélienne, très majoritairement juive.

La loi désigne "l'Etat d'Israël comme l'Etat national du peuple juif où celui-ci applique son droit naturel, culturel, religieux, historique" et précise que "le droit d'exercer l'autodétermination au sein de l'Etat d'Israël est réservé uniquement au peuple juif". "Mais la majorité a aussi des droits, c'est elle qui décide, et elle veut assurer le caractère juif de notre État pour les générations à venir", s'est réjoui le Premier ministre Benyamin Nétanyahou.

Le projet de loi aborde les signes qu'Israël est un État juif, tels que l'affirmation des symboles sur le drapeau avec l'étoile de David, l'établissement du calendrier hébraïque comme calendrier officiel du pays, la reconnaissance des fêtes juives et des journées de commémoration, et la désignation de Jérusalem comme capitale.

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"C'est un moment décisif dans l'histoire de l'Etat d'Israël qui inscrit dans le marbre notre langue, notre hymne et notre drapeau", s'est félicité Benjamin Netanyahu, chef du gouvernement considéré comme le plus à droite de l'histoire d'Israël.

Cet article avait suscité une vague de critiques, notamment du président Reuven Rivlin, du procureur général Avishai Mandelblit et de la délégation de l'Union européenne en Israël en raison de son caractère jugé discriminatoire. Cette expression entre dans la catégorie des lois fondamentales qui font office de constitution en Israël.

Cette loi est "dangereuse et raciste par excellence", a aussi dénoncé le secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Saëb Erakat, sur son compte Twitter. Elle "légalise officiellement l'apartheid", a-t-il ajouté.

Du côté arabe, on craint que la minorité soit relayée au second plan: "Ce projet de loi est un crime de haine, qui discrimine les citoyens arabes", réagit Ahmed Tibi, député arabe israélien. Une philosophie violente que le rapporteur de cette loi, le député du Likoud Avi Dichter, n'a pas hésité à promouvoir, jeudi, en lançant aux députés arabes: " Vous n'étiez pas ici avant nous et vous ne resterez pas ici après nous. Avec ce texte, Israël devient "l'État-nation du peuple juif", excluant toute autre population ou religion. Aucune loi n'ayant été votée à ce sujet depuis la création de l'État d'Israël en 1948, l'hébreu et l'arabe étaient jusqu'à présent toutes deux considérées comme des langues quasi officielles, utilisées dans tous les documents étatiques.

Après le vote de la loi, l'arabe n'aura qu'un "statut spécial", qui n'est pas précisément défini mais qui devrait autoriser la poursuite de son utilisation dans l'administration, selon France 24.

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