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"Comment nier la réalité des patients qui souffrent ?" — Maladie de Lyme

22 Juin 2018

Reste que la maladie de Lyme représente un réel sujet de préoccupation. Face à eux, les médecins se disent démunis et mal armés. En rendant publiques mercredi ses recommandations sur la prise en charge de la maladie, la Haute Autorité de santé (HAS) a choisi une voie mesurée. Le groupe de travail annonce qu'il se réunira tous les six mois pour, éventuellement, réactualiser la " conduite à tenir ".

La tique se gorge de sang et transmet une bactérie qui peut s'avérer très dangereuse. Soit la forme d'un érythème migrant sur la peau dans 95% des cas, 3 à 30 jours après la piqûre. A ce stade, le patient n'a pas développé suffisamment d'anticorps pour que les tests sanguins Elisa et Western Blot soient fiables.

Les esprits continuent de s'échauffer autour du diagnostic et de la prise en charge des formes dites "chroniques" de la maladie de Lyme.

La HAS conclut sur la nécessité de poursuivre les recherches sur les maladies transmises par les tiques, ainsi que sur les outils diagnostiques et les traitements à court, moyen et long terme. Le médecin doit prescrire d'emblée des antibiotiques pour une durée de 14 jours en première intention. A ce stade, les tests sérologiques peuvent aider au diagnostic. Ces tests font aujourd'hui l'objet d'une polémique, en raison de suspicions de nombreux "faux négatifs" (patient testé négatif alors qu'il pourrait bien être atteint de la maladie). Le traitement consiste, notamment, en une antibiothérapie qui peut aller jusqu'à 28 jours.

La Haute autorité a, cependant, identifié une population de malades (piqués par une tique ou qui pensent l'avoir été) pour lesquels aucun diagnostic n'a pu être posé.

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La HAS définit le SPPT par la triade clinique syndrome polyalgique, fatigue, plaintes cognitives, plusieurs fois par semaine depuis plus de 6 mois, avec une notion de "piqûre de tique possible".

La HAS recommande aussi, après un "interrogatoire minutieux et l'examen clinique complet ", d'éliminer les autres maladies vectorielles à tiques (Rickettiose, babésiose...), une maladie inflammatoire chronique, une infection par différents agents (VIH, syphilis, HVC, HVB, EBV, CMV), une fièvre Q, une brucellose, une infection par Parvovirus B19, une maladie de Whipple, une néoplasie, un syndrome paranéoplasique, un syndrome d'apnée du sommeil ou, plus simplement une réinfection à Borrelia burgdorferi!

Il apparaît également, que, pour la HAS, un bilan psychiatrique est essentiel, car ces troubles pourraient mimer un SPPT ou seraient souvent présents en tant que comorbidités; elle recommande ainsi de rechercher des troubles dépressifs et anxieux, un syndrome d'épuisement professionnel, une souffrance au travail, un stress post-traumatique, des addictions et pour les enfants un harcèlement scolaire ou une maltraitance intra-familiale. Elle ne font d'ailleurs pas consensus.

Pour la SPILF (Société de pathologie infectieuse de langue française) le texte est contestable car il ouvre la porte "à des dérives médicales pouvant être délétères pour les patients ".