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Des données VIH semées aux quatre vents — Grindr

03 Avril 2018

"Toutes les informations que nous soumettions aux applications tierces [Apptimize et Localytics], dont le statut VIH des utilisateurs, étaient cryptées".

Dans un texte publié sur la plateforme Tumblr, Scott Chen, un des responsables de Grindr, a confirmé que des partenariats avec des fournisseurs de logiciels comme Apptimize et Localytics, visant à tester et valider la manière de déployer la plateforme Grindr, impliquaient des partages de données utilisateurs.

" Grindr n'a jamais vendu et ne vendra jamais d'informations personnelles identifiables - en particulier les données relatives au statut VIH ou à la dernière date de test - à des tierces parties ou à des annonceurs ", s'est défendu Scott Chen.

Celles-ci sont "soumises à des clauses contractuelles strictes" de confidentialité, assure encore M. Chen, soulignant que les usagers peuvent choisir ou non d'indiquer sur leur profil leur statut HIV et que c'est donc à eux d'être vigilants.

Selon un analyste du cabinet SINTEF, toutes les données récoltées rendraient les personnes concernées tout à fait identifiables, a indiqué la même source.

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Selon le site d'information Axios, citant le chef de la sécurité de Grindr Bryce Case, l'application a cessé de partager le statut VIH des usagers avec des entreprises tierces.

"Nous comprenons la sensibilité qui entoure le statut VIH", explique Grindr dans son communiqué. "La confidentialité ne concerne pas seulement les numéros de cartes de crédit et les mots de passe". Dans un communiqué, l'entreprise a d'abord expliqué que le partage de données était "standard" et que Grindr était un "forum public" avant d'annoncer qu'elle allait arrêter ce partage de données. "Partager des informations sensibles comme celles-ci peut mettre les Américains LGBT en danger", a réagi sur Twitter le sénateur démocrate du Massachusetts Ed Markey. Des données qui pourraient donc être exploitées comme nous vous le disions à de mauvaises fins en cas de fuite, ou de piratage - si ces plateformes ne vendent pas déjà leurs fichiers.

L'association de défense des droits numériques Electric Frontier Foundation a quant à elle jugé "décevante" la réponse de Grindr. "Les entreprises qui font leur beurre sur la sexualité de leurs clients se doivent a minima d'être exemplaires". Mais les utilisateurs de Grindr ont-ils conscience de ce paramètre lorsqu'ils acceptent les conditions d'utilisation de l'application? L'application fondée en 2009 a été l'une des premières à utiliser la technologie de la géolocalisation sur smartphone. A l'heure actuelle, elle revendique 3,6 millions d'usagers actifs dans le monde.

Cette polémique intervient alors que Facebook est cloué au pilori depuis plus de deux semaines, accusé de n'avoir pas protéger les données de plus de 50 millions d'utilisateurs, qui ont fini -via une application tierce- entre les mains d'une firme d'analyse de données qui les aurait utilisées à des fins politiques.

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