Vendredi, 14 Décembre 2018
Dernières nouvelles
Principale » " "Le mea culpa du magazine " National Geographic " — Racisme

" "Le mea culpa du magazine " National Geographic " — Racisme

13 Mars 2018

"Mais puisque nous avons aujourd'hui décidé de faire une couverture exceptionnelle du sujet des "races ", il nous faut faire cet examen de conscience avant de considérer de faire celui des autres", ajoute Susan Goldberg.

Le mea culpa de National Geographic. "Parallèlement à cela, le magazine dépeignait avec force reportages les "natifs" d'autres pays comme des personnages exotiques, souvent dénudés, chasseurs-cueilleurs, sorte de "sauvages anoblis", tout ce qu'il y a de plus cliché". Dans un numéro spécial consacré au concept de "race", Susan Goldberg, la première rédactrice en chef du journal depuis sa création en 1888, qui en tant que juive et femme appartient à "deux groupes de population qui ont eux aussi été discriminés aux États-Unis", revient sur "cet affreux état de fait qui fait pourtant partie de l'histoire du magazine". "Pour nous en détacher, il nous faut le reconnaître".

La rédaction a donc demandé à un historien, John Edwin Mason, de se plonger dans les archives du magazine pour explorer cette problématique des "races" et de déterminer comment photos et articles en avaient rendu compte.

Le célèbre magazine américain, qui fête ses 130 ans d'existence, s'est livré à un rare "examen de conscience" dans son numéro d'avril consacré à la question raciale.

" Contrairement aux magazines comme "Life", explique John Edwin Mason, "National Geographic" a très peu fait en sorte que ses lecteurs dépassent les stéréotypes de la culture blanche occidentale, poursuit l'éditorial".

La Peugeot 3008 sera aussi assemblée en Namibie
Les véhicules assemblés à Walvis Bay seront destinés à la Namibie, à l'Afrique du Sud , au Botswana, au Lesotho et au Swaziland. Les premiers modèles produits localement seront des Peugeot 3008 (photo) et des Opel Grandland X .

Les photos d'indigènes admirant les appareils photo ou voitures des reporters blancs étaient très fréquentes, et les populations non blanches étaient presque systématiquement coupées de toute histoire ou actualité socio-politique. Cet article mentionne à peine le massacre de 69 personnes noires par la police.

Un exemple frappant du biais (inconsciemment) raciste de National Geographic: Mason a comparé deux reportages réalisés sur l'Afrique du Sud, un en 1962 et l'autre en 1977.

"Les voix des Noirs d'Afrique du Sud sont absentes". Cette absence est aussi signifiante que tous les mots imprimés. "Les seules personnes noires présentes font des danses exotiques.ou sont des servants et des ouvriers", écrit Mason. Comme celui d'un reportage écrit en 1916 en Australie: "Sous plusieurs photos d'Aborigènes, on peut lire cette légende: 'Deux Noirs sud-Australiens: ces sauvages se classent parmi les moins intelligents de tous les êtres humains'", écrit le National Geographic de l'époque. L'occasion, selon elle, de "parler des conflits basés sur l'idée erronée de "races" et de tenter de comprendre "pourquoi nous continuons à distinguer les hommes et à construire des communautés inclusives".

" Je souhaite que les prochains rédacteurs en chef de National Geographic puissent être fiers de l'histoire de ce magazine, pas seulement pour les reportages que nous aurons décidé de publier mais aussi pour la diversité de journalistes, rédacteurs et photographes qui les portent ", conclu Susan Goldberg.