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"Liberté d'importuner" : Catherine Deneuve critiquée sur les réseaux sociaux

09 Janvier 2018

"La drague insistante ou maladroite n'est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste", estiment les auteures, qui voient, dans la mobilisation des derniers mois, une forme de "puritanisme".

Cent femmes, parmi lesquelles Catherine Deneuve, Stéphanie Blake, Brigitte Lahaie ou encore Ingrid Caven (retrouvez la liste ici), ont adhéré à ce long texte, co-écrit par cinq femmes, et intitulé: "Nous défendons une liberté d'importuner, indispensable à la liberté sexuelle". Dans un tweet, l'ancienne ministre des Droits des femmes Laurence Rossignol regrette "cette étrange angoisse de ne plus exister sans le regard et le désir des hommes".

Si les rédactrices de ce texte, qui suscite beaucoup de réactions indignées sur les réseaux sociaux, débutent en rappelant que "le viol est un crime", elles dénoncent l'apparition d'un "puritanisme": consistant d'après elles à "emprunter, au nom d'un prétendu bien général, les arguments de la protection des femmes et de leur émancipation pour mieux les enchaîner à un statut d'éternelles victimes, de pauvres petites choses sous l'emprise de phallocrates démons, comme au bon vieux temps de la sorcellerie".

Le Front national doit-il changer de nom ?
Le FN a tenu son premier bureau politique de l'année, largement animé par la question d'un éventuel changement de nom du parti. Les militants seraient selon elle aussi "plutôt majoritairement pour un changement de nom".

Dans cette tribune, ces femmes s'inquiètent de la "libération de la parole" qui a suivi l'affaire Weinstein qui "se retourne aujourd'hui en son contraire: on nous intime de parler comme il faut, de taire ce qui fâche, et celles qui refusent de se plier à de telles injonctions sont regardées comme des traîtresses, des complices!"

Le collectif féminin estime que cette façon d " envoyer les 'porcs' à l'abattoir produirait un effet inverse à celui recherché: au lieu de permettre aux femmes de gagner en autonomie, il servirait les "intérêts des ennemis de la liberté sexuelle, des extrémistes religieux, des pires réactionnaires", et ceux qui estiment que les femmes sont des êtres qui réclament et nécessitent d'être protégés. De son côté, la militante féministe Caroline De Haas critique une "tribune pour défendre le droit d'agresser sexuellement les femmes (et pour insulter les féministes)".

Des hommes ont été "sanctionnés dans l'exercice de leur métier, contraints à la démission, alors qu'ils n'ont eu pour seul tort que d'avoir touché un genou, tenté de voler un baiser, parlé de choses "intimes" lors d'un dîner professionnel ou d'avoir envoyé des messages à connotation sexuelle à une femme chez qui l'attirance n'était pas réciproque", soutiennent encore les signataires, évoquant "la vague purificatoire" qui a notamment visé les oeuvres du réalisateur franco-polonais Roman Polanski. Libres donc sont les frotteurs dans le métro? Parmis les signataires de la lettre ouverte, on trouve plusieurs actrices, dont l'une est une habituée des grandes cérémonies et festivals de cinéma: Catherine Deneuve. Des propos jugés "déplacés" par le Conseil supérieur de l'audiovisuel.