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Le musée des merveilles : une fable en apesanteur

15 Novembre 2017

Le Musée des merveilles, adaptation d'un roman graphique de Brian Selznick (Black Out), pourrait quant à lui être résumé ainsi: à cinquante ans de distance (en 1927 et 1977), deux enfants sourds (Rose et Ben) fuguent pour aller retrouver à New York un parent absent et leur périple consiste à confronter cette expérience à des rêves et des représentations (films, photos, dessins, diorama), c'est-à-dire à accéder à la réalité à travers des images; et inversement, puisque chez Haynes la réalité n'est souvent que l'interface entre les images, le lieu où elles se retournent, se redistribuent, s'échangent. Telle est la question, la très bonne question.

Depuis ses débuts dans les années 90, Todd Haynes nous aura tout fait. Et tout bien fait... Parmi ses nombreux titres de gloire, le cinéaste a signé le biopic le plus étonnant de l'histoire du cinéma: I'm not there, sur Bob Dylan, incarné par six acteurs et actrices différents. Il a rendu un hommage sidérant à Douglas Sirk, son maître, dans un somptueux mélodrame: " Loin du paradis ", interprété par sa comédienne fétiche: Julianne Moore. Deux heures qui, pour peu que l'on se laisse emporter par la poésie et la puissance émotionnelle du film, passent à la vitesse de l'éclair.

Arrested UCLA players returning from China
Arriving the day after the players were arrested , Trump reportedly raised the players' predicament during his visit to Beijing. But a few days before the game, the players were accused of stealing sunglasses from a Louis Vuitton store near their hotel.

Avec ses deux personnages juvéniles affligés par le même déficit de communication, Todd Haynes s'impose un défi à sa mesure: bâtir un film où tout, ou presque, repose sur les regards, la suggestion, les silences et l'agencement stylistique de la fiction, aux dépens de la psychologie explicative et des dialogues redondants. Non content de diriger les deux gamins comédiens avec une inspiration rare (et sans un milligramme de mièvrerie), le cinéaste offre deux rôles à son actrice préférée: Julianne Moore, aussi convaincante dans la peau d'une star du cinéma muet des années 20 rongée par son égoïsme que dans celle d'une femme "ordinaire" des années 70.

Le musée des merveilles, de Todd Haynes, avec Oakes Fegley, Millicent Simmonds, Julianne Moore ...

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