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"Match plié" mais pas de "Macron-mania", selon la presse — France/législatives

12 Juin 2017

Les sondages prédisent un succès spectaculaire au parti présidentiel de la République en marche!, mais l'abstention pourrait atteindre un niveau record sous la Ve République, ce qui introduit un élément d'incertitude: la participation est évaluée entre 49% à 60% dans les derniers sondages.

Les Français ont commencé à voter dimanche pour le premier tour des élections législatives.

Le scrutin se tiendra une nouvelle fois sous haute protection policière, avec la mobilisation de 50 000 policiers et gendarmes, sur fond de menace terroriste élevée, alors que la France fait face, depuis 2015, à une vague d'attentats djihadistes qui a fait 239 morts. "Une formation politique qui n'existait pas il y a deux ans est donc en passe de rafler une insolente majorité à l'Assemblée nationale, bouleversant du même coup un paysage politique que l'on a longtemps pensé immuable", commente Paul-Henri du Limbert dans le quotidien conservateur Le Figaro. Le PS et son allié PRG obtiennent 9,5% et sont légèrement devancés en voix par La France insoumise (11%) de Jean-Luc Mélenchon. "Ce n'est jamais acquis", a réagi prudemment vendredi le Premier ministre Edouard Philippe, en campagne à Paris.

Le premier tour est marqué par un taux d'abstention sans précédent à 51%.

Si Emmanuel Macron obtenait la majorité absolue malgré des candidats souvent sans notoriété ni expérience politique, "ce serait un exploit politique total. Cela signifierait, en tout cas pour quelque temps, la destruction des partis traditionnels", analyse Dominique Rousseau, professeur de droit constitutionnel.

Brisant les lignes politiques classiques, le nouveau président a formé un gouvernement mêlant personnalités de droite, de gauche, du centre et de la société civile.

Selon des projections effectuées par l'institut à partir de ces intentions de vote, le bloc La République en Marche/MoDem obtiendrait une confortable majorité de 397 à 427 députés dans la future Assemblée nationale, bien au-delà de la majorité absolue qui se situe à 289 sièges.

Les résultats définitifs publiés, En Marche largement en tête — Législatives
A la présidentielle, la dirigeante frontiste avait en effet dépassé les 50 % dans 45 circonscriptions au second tour. Quant au Front national, il obtiendrait seulement 1 à 10 sièges, contre 2 lors de la précédente législature.

Parmi les candidats, âgés en moyenne de 48 ans et demi, un peu plus de 42% sont des femmes.

Déferlante pro-Macron annoncée, non cumul des mandats, féminisation du personnel politique.

Les Français de l'étranger, qui ont voté par anticipation le week-end dernier, ont plébiscité les candidats de La République en Marche!, en mesure de l'emporter dans dix des onze circonscriptions en jeu. Même les anciens ministres Benoît Hamon (candidat à la présidentielle) et Aurélie Filippetti ainsi que le premier secrétaire du parti, Jean-Christophe Cambadélis, ont mordu la poussière.

Comme Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon est en passe d'être élu dans sa circonscription alors que son parti ne rassemble que 11 % des voix et qu'il aura beaucoup de difficulté à former un groupe reconnu à l'Assemblée.

Après avoir serré les mains de nombreux badauds présents devant son domicile, fait des bises et accepté quelques photos, M. Macron avait parcouru en voiture les quelques centaines de mètres le séparant de la mairie.

Le ministre de l'Économie, ex-député LR, ex-candidat à la primaire de la droite, qui avait quitté l'équipe Fillon après le Penelopegate, a réalisé son meilleur score de premier tour avec 45% des voix dans la 1ère circonscription de l'Eure, sous l'étiquette REM. Dont une partie devrait au final soutenir la majorité présidentielle. Dans la 2e, Régine Poveda, députée sortante qui avait remplacé Matthias Fekl au moment de sa nomination au gouvernement et ne se représentait pas, c'est Alexandre Freschi (LREM) qui arrive en tête du 1er tour (28,39 %), suivi d'Hélène Laporte, candidate FN, avec (20,32 %). Ce scrutin est crucial pour Emmanuel Macron, en quête d'une large majorité qui lui permettra de mener ses réformes, à commencer par celle du Code du Travail, face aux deux partis traditionnels de droite (Les Républicains) et de gauche (Parti socialiste), affaiblis.