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L'usine Renault de Sandouville à l'arrêt — Cyberattaque mondiale

14 Mai 2017

Ce dimanche, Europol, l'office européen de police, estimait que 150 pays avaient été touchés, et plus de 200 000 personnes, rapporte le Washington Post.

"Nous avons relevé plus de 75.000 attaques dans 99 pays", a noté Jakub Kroustek, de la firme de sécurité informatique Avast, sur un blog.

Cette attaque, qui a débuté vendredi, a touché des dizaines de milliers d'ordinateurs dans une centaine de pays et affecté les hôpitaux britanniques, le constructeur automobile français Renault, le système bancaire russe, le groupe américain FedEx ou encore des universités en Grèce et en Italie.

De la Russie à l'Espagne et du Mexique au Vietnam, des dizaines de milliers d'ordinateurs, surtout en Europe, ont été infectés par un logiciel de rançon exploitant une faille dans les systèmes Windows, divulguée dans des documents piratés de l'agence de sécurité américaine NSA. "C'est un bilan du nombre d'ordinateurs infectés encore provisoire, qui devrait très vraisemblablement s'alourdir dans les jours qui viennent".

Le service public de santé britannique (NHS), cinquième employeur du monde avec 1,7 million de salariés, semble avoir été la principale victime (et potentiellement la plus inquiétante en mettant en danger des patients) de ces attaques.

Un porte-parole du Barts Health NHS Trust, à Londres, a expliqué avoir été dans l'obligation d'annuler des rendez-vous et a appelé les patients à se rendre "dans d'autres services du NHS", sur Twitter. De nombreuses entreprises vont ainsi se protéger efficacement contre ce genre de désagréments. D'après une source au fait du dossier citée par l'agence Interfax, le ministère n'a cependant perdu aucune information.

Dans la nuit de vendredi à samedi, Microsoft a effectué une nouvelle mise à jour exceptionnelle de sécurité pour des systèmes qui ne sont pourtant plus assistés depuis longtemps, comme Windows XP, Windows 8 et Windows Server 2003.

Researcher Finds 'Kill Switch' To Stop Spread Of Global Cyber Attack
Hackers demanded victims pay a ransom that started at $300 for access to documents, photos, databases, videos and other files. Renault's futuristic assembly line in Slovenia, where rows of robots weld auto bodies together, was stopped cold.

En France, c'est l'une des entreprises les plus emblématiques de l'Hexagone qui a été affectée: Renault. Le virus informatique a entraîné des dysfonctionnements et l'arrêt de la production dans plusieurs usines "pour éviter la propagation du virus". Notamment l'usine de Dacia Renault en Roumanie et l'usine britannique de Sunderland du japonais Nissan, partenaire de Renault.

Le virus s'est diffusé par le biais de documents attachés ou de liens renvoyant prétendument vers des sites connus, mais qui sont en fait des répliques, contenus dans des courriels en apparence envoyés par des individus auxquels on est connecté.

S'installe alors un "rançongiciel" (ou "ransomware" en anglais), un virus qui bloque les ordinateurs jusqu'au versement d'une rançon.

C'est un logiciel de rançon nommé WCry, WannaCry, WannaCrypt0r, WannaCrypt ou WannaDecrypt0r qui est à l'origine de l'attaque.

Le ministère russe de l'Intérieur a également annoncé avoir été touché par un virus informatique vendredi, même s'il n'a pas été précisé s'il s'agit bien de la même attaque. "De toute évidence, c'est une attaque qui génère beaucoup d'argent puisqu'on a affaire à un 'ransomware'".

"Ce qui est inquiétant dans l'attaque d'aujourd'hui, c'est que ce ne sont pas des systèmes bureautiques classiques qui sont les victimes. Ce sont des systèmes critiques: de transports, de santé, de télécommunications", analyse l'expert en cybersécurité. "Cette attaque est la plus vaste que l'on connaisse à ce jour et l'ampleur des dommages est encore difficile à mesurer", ajoute le quotidien américain, rapportant que les experts de la sécurité qualifient ces attaques d'"équivalent numérique d'une tempête".

Réunis à Bari, en Italie, les ministres des Finances des pays membres du G7 se sont engagés samedi à mener une lutte commune contre la menace croissante des cyberattaques internationales.